Savoir transformer ses faiblesses en force, capitaliser sur sa sensibilité singulière pour construire des projets et une vision différents, … autant de façons d’utiliser les cartes que l’on reçoit dès notre plus tendre enfance. Dame de coeur, roi, valet, as de pique, il nous appartient ensuite de placer nos atouts intelligemment et de jouer une partie qui puisse être aussi gagnante que possible… à la fois pour soi et pour les autres. N’oublions jamais que le jeu de la vie reste collectif. La règle est immuable.

Les Belles Envies, Paris 5è

Alixe Bornon a ainsi décidé de faire de son diabète, déclaré à seulement 13 ans, une opportunité pour offrir aux autres l’univers gourmand qu’elle aurait elle-même souhaité découvrir. Cela a donné lieu cette semaine à la naissance de la pâtisserie « Les Belles Envies », au 3 rue Monge, Paris 5è. Peut-être vous en souvenez-vous, il y a quelques mois encore on pouvait y trouver la pâtisserie Ciel… qui est définitivement partie dans les nuages.

Sur chacune des étiquettes, le client est informé de l'Index Glycémique du gâteau. L'IG maximal est ici de 25, ce qui place ces pâtisseries dans la fourchette des IG "faibles", à l'inverse de celles proposées dans les boutiques traditionnelles qui ont tendance à être hyperglycémiantes.

Sur chacune des étiquettes, le client est informé de l’Index Glycémique du gâteau. L’IG maximal est ici de 25, ce qui place ces pâtisseries dans la fourchette des IG « faibles », à l’inverse de celles proposées dans les boutiques traditionnelles qui ont tendance à être hyperglycémiantes. Certaines propositions sont sans gluten.

Le parcours de cette jeune entrepreneuse combine ambition et engagement. Diplômée d’un Master RH, elle a bifurqué vers la pâtisserie et s’est formée à la discipline sucrée pour mieux en appréhender les contours. Pour parvenir à développer son concept et mettre au point les produits, il aura fallu plus de 2 ans de Recherche & Développement et de sourcing : la gamme a été pensée autour de l' »IGC » – Index Glycémique Contrôlé -, ce qui implique de nombreux essais pour établir de façon certaine l’index glycémique de chaque recette. Cuissons, associations de produits, sucres non raffinés, farines de Meule , de Lupin (en collaboration avec le Moulin des Moines), etc… les éléments sont nombreux pour parvenir à des douceurs ne faisant pas grimper de façon excessive le taux de sucre dans le sang, sans pour autant recourir à des solutions discutables, riches en additifs et autres substituts douteux.

Vue d'ensemble, Les Belles Envies, Paris 5è

La santé n’était pas la seule préoccupation dans le processus : il fallait que les pâtisseries et chocolat soient beaux et bons. Avec un positionnement haut de gamme, Les Belles Envies a pour vocation de s’imposer comme une marque forte sur son segment. Dès lors, pas question de laisser le moindre détail au hasard : Alixe Bornon s’est donné les moyens de ses ambitions en levant des fonds et en s’associant avec des cautions techniques et scientifiques. Un diabétologue pour la partie médicale, un chef pâtissier formé chez les Compagnons du Devoir – Louis Taine – au labo, une bonne dose de réseau pour le bruit médiatique… autant d’ingrédients additionnés pour un développement rapide, avec d’ores et déjà l’ambition d’ouvrir rapidement de nouvelles boutiques.

Ambition ne veut pas toujours dire absence de valeurs et de sens. Même si le marketing a été habilement orienté autour de l’IG – sans mention de calories, très souvent culpabilisantes – et du plaisir déculpabilisé ainsi créé, cela trouve un écho dans une nécessité réelle de revenir à une alimentation plus saine. Il faut simplement parvenir à trouver le juste équilibre.
Dans tous les cas, les gourmands ne pourront qu’apprécier les pâtisseries et chocolats proposés ici : elles conjuguent visuel abouti et associations de saveurs audacieuses, où les épices, alcools et infusions jouent le rôle d’exhausteur de goût habituellement tenu par le sucre. Jasmin, verveine, gingembre, cognac, … subliment ainsi le chocolat, la noisette et autres ingrédients issus de la pâtisserie traditionnelle. On retrouve également quelques classiques de la pâtisserie française, comme l’éclair au chocolat ou le Paris-Brest, revus et corrigés pour correspondre au concept du lieu. Les saveurs sont bien marquées et les textures agréables (y compris pour la pâte à choux ou les fonds de tartes, réalisés à partir de farines spécifiques). Côté tarifs, le positionnement « luxe » est pleinement assumé : entre 5 et 6 euros la pâtisserie individuelle, cela reste un budget, même s’il faut prendre en compte le coût matière plus élevé que pour des créations traditionnelles.

Un vrai travail a été mené sur le visuel : les pâtisseries sont très soignées visuellement.

Un vrai travail a été mené sur le visuel : les pâtisseries sont très soignées.

Saluons enfin le travail réalisé au sein de la boutique : l’espace de vente est fluide et casse les codes habituels de la relation client-vendeur par une absence de comptoir. Chacun navigue ainsi librement au sein des deux univers -pâtisseries et chocolats- pour une expérience client agréable et personnalisée. Le laboratoire est visible au fond, ce qui rassure sur la fabrication artisanale des produits.

Le laboratoire, visible derrière une vitre. Au sous-sol, un espace équivalent à celui de la boutique est dédié à la chocolaterie.

Le laboratoire, visible derrière une vitre. Au sous-sol, un espace équivalent à celui de la boutique est dédié à la chocolaterie.

Infos pratiques

3 rue Monge – 75005 Paris (métro Maubert – Mutualité, ligne 10) / tél : 01 42 38 01 41
ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 20h.
site internet : http://lesbellesenvies.com

A force de voir naître des tendances à peu près toutes les semaines, on finit par les regarder avec un oeil désabusé, voire même à les ignorer complètement. Pour certaines, c’est sans doute mieux ainsi, il faut juste les laisser passer. D’autres sont plus durables et méritent donc de s’y pencher un peu plus. L’apparition de boutique mono-produit est de celles-ci. Un nombre croissant d’artisans fait le choix de se concentrer sur une seule discipline, sans doute pour mieux la réaliser et y exprimer leur créativité. L’équation économique semble parfois difficile à tenir, notamment quand il s’agit de produits qui ne font pas partie de la consommation ‘courante’.

A Paris, plusieurs entrepreneurs ont fait le choix de planter les choux… Popelini, Odette, leurs petites gourmandises font autant couler d’encre que de salive chez les gourmands. Seulement, aucun n’a vraiment été plus loin : la pâte à choux peut être utilisée de bien d’autres façons et aboutir à des résultats surprenants. Philippe Conticini l’a prouvé avec son ouvrage Sensation Choux, paru en octobre 2014. Bien peu de pâtissiers s’en sont emparés, à peine certains utilisent la pâte à choux pour réaliser des biscuits roulés.

C& Choux, Caen (14)

Anthony Le Rhun a été plus loin, pour le plus grand plaisir des Caennais. Pour cet artisan, la pâtisserie a longtemps été une passion -il travaillait dans le secteur du textile-, elle est à présent devenue un métier. Propulsé par la victoire du « Cook Master Barrière », il a entamé sérieusement sa reconversion en développant son activité de cours à domicile et de traiteur… avant de parvenir à s’installer en mars 2014, notamment grâce à la générosité des internautes sur le site My Major Company.

Vitrine, C& Choux, Caen (14)

Si la Normandie n’était pas sa terre natale -il est originaire de Brest-, son déménagement à Caen semble lui avoir donné la possibilité de réaliser ses rêves… et surtout de les faire partager avec sa clientèle. Un peu à l’écart du centre ville, au 2 rue Léon Lecornu, on découvre un univers riche et tout aussi atypique que le parcours du pâtissier. Les créations sont présentées dans une boutique à l’ambiance très cosy, où quelques tables et une terrasse (aux beaux jours !) permettent de déguster sur place. L’accueil est particulièrement charmant et attentionné, avec de nombreux conseils sur les produits et la façon de les déguster.
Bien sûr, les choux sont à l’honneur, avec une sélection de parfums renouvelée tous les mois. Caramel, Vanille & Fève Tonka, Praliné Pistache, Citron Meringué… les créations reprennent parfois de grands classiques de la pâtisserie, tout en laissant la place à des associations de saveurs plus inventives.

Pâtisseries, C& Choux, Caen (14) Le plus intéressant à mon sens se situe à côté, avec des pâtisseries où la pâte à choux prend d’autres formes. Dans le Saint-Honoré, on la retrouve en biscuit parfumé à la vanille. Dans le Paris-Brest, elle est enrichie de noisettes. Pour les galettes des rois, c’est la crème d’amandes qui en intègre pour un résultat plus moelleux… Selon les saisons, elle s’invite aussi dans les bûches ou dans des déclinaisons en pot, à l’image du Tirami-Chou, Pop’Jito et autres déclinaisons gourmandes. Des versions salées sont également proposées, idéales pour l’apéritif ou un cocktail.
Les produits sont visuellement aboutis, et le goût est à l’avenant. Que ce soit en terme de textures, de dosage du sucre ou d’accords de saveurs, Anthony le Rhun et son équipe parviennent à remplir tous les critères d’une pâtisserie de qualité. A l’inverse de ce que j’ai pu déguster dans plusieurs enseignes parisiennes, le décor coloré des choux n’est pas trop présent en bouche et ne masque pas les saveurs.

Choux, C& Choux, Caen (14)

L’entreprise a à coeur d’impliquer sa clientèle dans son développement, en communicant de façon très régulière sur les réseaux sociaux ou en organisant des événements, comme un goûter début juin. Une belle façon de marquer sa différence et de créer une vraie relation avec ses consommateurs, qui deviennent ainsi des fidèles et de véritables prescripteurs de l’enseigne…
Difficile de ne pas être séduit par les tarifs, très accessibles : 1,90€ le chou à l’unité (avec des tarifs dégressifs en réglettes), 3,80€ la pâtisserie… Les gourmandises présentées un peu partout dans l’espace de vente s’inscrivent dans le même esprit, avec des sablés garnis caramel ou gianduja, des oursons de guimauve, des pots à tartiner…

Décor, C& Choux, Caen (14)

C& Choux nous montre ainsi développer une identité forte et cohérente autour d’un produit et faire du chou… à la mode de Caen.

Infos pratiques

2 rue Léon Lecornu, 14000 Caen / tél : 09 81 85 09 02
ouvert du mardi au samedi de 9h30 à 19h30, le dimanche de 9h30 à 13h30.
Site Internet : http://www.c-choux.fr
Facebook : https://www.facebook.com/C-Choux-204451676355126

Il paraît que des fleurs peuvent pousser sur le béton. On ne sait pas bien comment, sans doute grâce à des graines un peu magiques portées par le vent, mais pourquoi : tout le monde a droit à un peu de rêve, d’espoir et de couleur. Le miracle ne se produit que trop rarement, pourtant la recette n’est pas si compliquée. De la passion, du savoir-faire, un peu de faire-savoir aussi, la graine éclôt et la plante commence à pousser.

La belle devanture de la boutique Récréation Sucrée ne passe pas inaperçue.

La belle devanture de la boutique Récréation Sucrée ne passe pas inaperçue.

Les clients viendront l’arroser, la voir grandir et en cueillir les fruits. A Lisieux, il faut croire que le climat local aura un peu contribué en terme d’hydrométrie, mais le résultat est là : la Récréation Sucrée de Nicolas Barbet a bien pris racine. Le pari osé de ce jeune pâtissier-entrepreneur ne saurait passer inaperçu dans le paysage commerçant, où les vitrines sont globalement bien ternes, vieillies par le poids des années. Je me souviens d’avoir découvert sa boutique par hasard, alors que je visitais cette cité empreinte d’une certaine ferveur… La large devanture m’avait frappé, tant elle tranchait avec ce que j’avais pu voir ailleurs.

En vitrine, les créations de Nicolas Barbet se succèdent au fil des saisons : de la pièce chocolatée de pâques aux décors en sucre tiré, l'artisan ne manque pas d'idées pour faire vivre son établissement.

En vitrine, les créations de Nicolas Barbet se succèdent au fil des saisons : de la pièce chocolatée de pâques aux décors en sucre tiré, l’artisan ne manque pas d’idées pour faire vivre son établissement.

Il faudrait être bien mal inspiré pour s’arrêter là et ne pas passer la porte pour découvrir l’univers déployé par cet artisan talentueux, qui n’hésite pas à présenter de superbes pièces en sucre tiré ou en chocolat pour attirer les curieux. Nicolas Barbet exprime pleinement son savoir-faire et son goût du partage, acquis au cours d’un parcours professionnel riche : il a notamment été le premier salarié de Stéphane Glacier à Colombes, lors de l’ouverture de sa pâtisserie. On retrouve forcément des inspirations issues du MOF dans les produits proposés, mais la clientèle serait bien en peine de s’en plaindre, car leur esprit est pleinement préservé : des saveurs franches portées par des matières premières de qualité. En effet, malgré des tarifs particulièrement démocratiques, hors de question de transiger sur l’essentiel, pour respecter le goût et se démarquer nettement du reste de l’offre.

De très belles viennoiseries, exprimant une grande maitrise du tour.

De très belles viennoiseries, exprimant une grande maitrise du tour.

Ne nous en cachons pas : le pouvoir d’achat n’est pas très élevé à Lisieux. Malgré tout, les lexoviens sont sensibles à la qualité pour peu que l’on prenne la peine de leur présenter. C’est ce qui a fait le succès de Récréation Sucrée, qui compte aujourd’hui de nombreux fidèles. Les cours de pâtisserie – proposés le mercredi et le samedi – y ont contribué, en donnant une dimension vivante au lieu. Cette activité se prolonge naturellement auprès des professionnels, Nicolas Barbet réalisant également des prestations pour des entreprises aux profils variés (meuniers, groupes étrangers, …).

La vitrine pâtisserie et ses douceurs de saison : tartes aux fruits, entremets variés... sans compter l'excellent flan ou la tarte normande.

La vitrine pâtisserie et ses douceurs de saison : tartes aux fruits, entremets variés… sans compter l’excellent flan ou la tarte normande.

Les saveurs normandes sont à l’honneur dans de nombreux produits : de la tarte normande au « Pays d’Auge » qui met à l’honneur la pomme en version poêlée et flambée, les gourmands peuvent se régaler de tout ce que leur terroir a de beau et de bon à leur offrir. Bien sûr, quelques notes d’exotisme viennent teinter ce tableau, avec des pâtisseries au citron vert ou à la noix de coco. Un peu d’évasion pour les journées moroses.
La viennoiserie -maison, cela va de soi- est de haute volée : avec un croissant bien croustillant, exprimant un délicieux goût de beurre frais (pour seulement 90 cts !), des brioches dodues, ou d’amusantes lunettes au chocolat… les petits déjeuners et goûters prennent d’autres couleurs.

Les étagères et tables ne manquent pas de gourmandises : chocolats, guimauves, ...

Les étagères et tables ne manquent pas de gourmandises : chocolats, guimauves, …

Il ne faudrait pas repartir sans quelques-unes des gourmandises chocolatées que nous réservent les étagères disséminées dans l’espace de vente : mendiants, tablettes, bouchées praliné, … à moins qu’on ne leur préfère quelques guimauves, orangettes ou macarons. Bref, vous l’aurez compris, cette Récréation Sucrée a de sérieuses propositions à nous faire dès lors qu’il s’agit de nous régaler.

L'espace atelier pâtisserie, bien équipé.

L’espace atelier pâtisserie, bien équipé.

J’apprécie tout particulièrement de voir de telles entreprises se créer et porter haut et fort le drapeau d’une gourmandise de qualité accessible à tous. Il n’est pas concevable de réserver ces produits à une catégorie aisée de la population, comme certains savent pourtant si bien le faire. Nicolas Barbet nous prouve qu’il peut en être autrement. Souhaitons lui beaucoup de réussite dans ses projets, et notamment dans celui de revêtir un jour le col bleu-blanc-rouge de Meilleur Ouvrier de France, car il contribuerait sans aucun doute à en redorer le blason.

Les cakes -vanille, chocolat, orange-noisette- incitent au voyage... à moins que l'on ne se laisse tenter par une confiture maison, une guimauve ou un croquant...

Les cakes -vanille, chocolat, orange-noisette- incitent au voyage… à moins que l’on ne se laisse tenter par une confiture maison, une guimauve ou un croquant…

Infos pratiques

107 rue Henry Chéron – 14100 Lisieux (gare de Lisieux) / tél : 02 31 62 16 33
ouvert du mercredi au dimanche de 7h30 à 19h.

L'identité visuelle est chaleureuse et aboutie.

L’identité visuelle est chaleureuse et aboutie.

Il n’est jamais facile de grandir. A chaque étape de la vie se greffent de nouvelles contraintes, de nouveaux enjeux, et il faut savoir y faire face avec autant d’intelligence que possible. Ce qui est vrai pour les individus l’est aussi pour les entreprises. La croissance finit toujours par avoir ses limites, et quand il s’agit d’artisanat, elles peuvent souvent être physiques : qui est déjà parvenu à repousser des murs sans entamer d’importants travaux ? Dès lors, pas de magie, mais des investissements et des projets de moyen voire de long terme.

L'ancienne boutique... 18 ans d'histoire !

L’ancienne boutique… 18 ans d’histoire !

Sophie et Denis Douceau sont installés à Nangis depuis 18 ans. Leur pâtisserie-chocolaterie s’est imposée au fil du temps dans le paysage gourmand local et leur local avait fini par être trop petit pour satisfaire la clientèle et offrir de bonnes conditions de travail aux salariés. L’opportunité s’est présentée de reprendre une boutique plus grande, un peu plus loin dans le centre ville. Les investissements à réaliser ont nécessité des apports extérieurs, et notamment un prêt de 15000€ accompagné par le réseau Initiative Melun Val de Seine et Sud Seine et Marne.

La nouvelle boutique.

La nouvelle boutique.

En ce 12 août 2015, toutes les équipes étaient sur le qui-vive : vente et production devaient jouer de concert pour faire de cette ré-ouverture un succès. La nouvelle boutique, située au 29 rue du Général Leclerc, n’a plus grand chose à voir avec l’ancienne : on y retrouve des lignes modernes, de larges présentoirs… mais aussi du pain et des viennoiseries.

Les produits en dégustation devant la boutique.

Les produits en dégustation devant la boutique.

C’est à la fois un choix pragmatique et pertinent pour assurer la pérennité de l’affaire : aujourd’hui, les « pâtissiers purs » peinent à survivre de par le poids des charges et de la masse salariale à assumer, alors que le chiffre d’affaire reste très limité en semaine. L’offre boulangère permettra d’attirer de la clientèle et développer l’activité… d’autant que les choix réalisés assureront la qualité de la gamme.

La "brioche Maison" développée par Foricher, vendue dans son sachet de conservation.

La « brioche Maison » développée par Foricher, vendue dans son sachet de conservation.

En effet, Denis Douceau n’a pas transigé sur ses principes de pâtissier : pour réaliser de bons produits, il faut sélectionner ses matières premières. Les farines Label Rouge & CRC des Moulins Foricher sont employées au fournil pour réaliser des pains de qualité, avec notamment une baguette de Tradition savoureuse et bien alvéolée pour seulement 1 euro. Le pain des Gaults, façonné en une grosse pièce et vendu au poids, exprime ses saveurs acidulées, portées par son mélange de froment et de seigle sur levain naturel. On peut également compter sur le complet « Brun de plaisir », le Terron et sa note de sarrasin ou encore, pour les plus gourmands, sur le pain au cacao.
J’ai eu le plaisir de découvrir ce projet par le biais du chef boulanger recruté pour l’occasion : Nicolas oeuvrait précédemment au sein d’une grande maison parisienne et j’ai pu y apprécier son implication et des compétences. Deux éléments qui seront bien utiles pour cette nouvelle aventure.

Pâtisseries, Maison Douceau, Nangis (77)

Bien sûr, il ne faudrait pas passer à côté du sucré : le linéaire pâtisserie regorge de propositions créatives et engageantes. Les amateurs de fruits ou de chocolat seront comblés avec des entremets aboutis, même si les tartes et macarons ne sont pas en reste.

Les bonbons de chocolat

Les bonbons de chocolat

La gamme de chocolats, réalisée à partir de couvertures Valrhona, décline des ganaches parfumées et des pralinés gourmands pour un tarif particulièrement accessible (80€/kg, très loin des sommets atteints chez certains artisans de la capitale). Une gamme d’épicerie fine complète le tout, avec une sélection de thés, des pâtes à tartiner… en bref, de quoi enchanter petits-déjeuners et goûters. Les viennoiseries devraient également y contribuer, avec un feuilletage croustillant et généreux, tout comme la brioche maison longue conservation, les panettones, la gamme de fours secs ou encore les guimauves et meringues. Rien ne manque ici pour satisfaire les gourmands.

Les viennoiseries, avec notamment un croissant à 0,90€.

Les viennoiseries, avec notamment un croissant à 0,90€.

Les produits, déjà bien aboutis, devraient sans doute monter en puissance dans les semaines et mois à venir, notamment du côté de la boulangerie où la gamme ne manquera pas de s’étoffer au fur et à mesure de l’adhésion de la clientèle. Le personnel de vente, mené avec enthousiasme par Sophie Douceau, ne manquera sans doute pas d’y contribuer.

Un morceau de Pain des Gaults. Belle cuisson et superbe scarification.

Un morceau de Pain des Gaults. Belle cuisson et superbe scarification.

Infos pratiques

29 rue du Général Leclerc – 77370 Nangis (Transilien ligne P, gare de Nangis)
ouvert du mardi au samedi de 7h à 13h et de 15h à 19h30 et de 7h30 à 13h le dimanche.

J’avoue être sincèrement lassé de la concentration qui s’est opérée au sein de quelques quartiers ces dernières années : ainsi, pour proposer des produits gourmands et qualitatifs, il faudrait s’installer rue du Bac, à Saint-Germain-des-Prés, dans le Marais…? ou bien posséder un nom suffisamment reconnu pour inciter la clientèle à sortir de ces enclaves. Beaucoup de quartiers parisiens sont aujourd’hui en mouvement, avec un pouvoir d’achat plus élevé, ce qui devrait inciter des artisans talentueux à s’y installer pour partager leur savoir-faire en dehors des sentiers battus… sans compter sur les loyers beaucoup plus faibles qui y sont pratiqués.

Façade, Pâtisserie H&G, Paris 13è

Dans le 13è arrondissement, deux jeunes pâtissiers d’origine asiatique ont ouvert leur échoppe hier, à proximité immédiate de la place d’Italie. La Pâtisserie H&G – pour Henri & Giovanni – propose ses douceurs à l’abri de l’agitation, sur la discrète rue Véronèse.
Non contents d’exercer leur art du sucré, les deux associés ont aménagé un salon de thé dans un style plutôt moderne, avec quelques détails rappelant leurs origines. Le chat en figurine, disposé près de la caisse, est sans doute l’exemple le plus frappant.

Le chat, Pâtisserie H&G, Paris 13è

Les inspirations asiatiques se retrouvent aussi en vitrine. Le Durian, que l’on avait déjà rencontré chez Myu Myu un peu plus loin dans le même arrondissement, s’invite dans un entremets, ce qui ravira sans doute les amateurs de ce fruit au parfum détonnant.
Le reste de l’offre est plus traditionnel, avec notamment un Paris-Brest, un cheesecake aux fruits rouges, un millefeuille, une tarte au citron ou aux fruits rouges, quelques entremets… le dénominateur commun étant le soin porté à la finition du produit. Pour 3,8€ à 3,9€, on peut ainsi s’offrir une douceur de qualité… un prix qui semblerait impensable dans certains arrondissements.

Vitrine pâtisseries, Pâtisserie H&G, Paris 13è

Quelques propositions salées, constituées de salades et sandwiches, sont en place pour le déjeuner. Il serait bien difficile de s’en passer, car les pâtissiers « purs » peinent aujourd’hui à faire vivre leur commerce en semaine. On peut ainsi prendre une pause au calme, avec une boisson chaude.
En ouvrant à 9h, le salon de thé développe également la vocation de servir des petits-déjeuners, même s’il faudrait sans doute pour cela développer une réelle offre de viennoiserie, ce qui n’est pas le cas pour le moment.

Mange-debout, Pâtisserie H&G, Paris 13è

La pièce montée de macarons disposée en vitrine marque la volonté de l’entreprise de proposer des créations pour des événements festifs, à l’image des mariages, communions … où de tels produits sont habituellement servis.

Comptoir, Pâtisserie H&G, Paris 13è

Souhaitons donc beaucoup de réussite à cette jeune pâtisserie à l’accueil par ailleurs fort sympathique, qui renouvelle l’offre sucrée dans un quartier où celle-ci demeure encore embryonnaire.Le flyer, Pâtisserie H&G, Paris 13è

Infos pratiques

3 rue Véronèse – 75013 Paris (métro Place d’Italie, lignes 5, 6 et 7) / tél : 01 44 24 58 49
ouvert du mardi au dimanche de 9h à 20h.
Page Facebook

Oui, mais demain ? C’est sans doute la question qui se pose quand on vient de terminer une période où les projecteurs étaient braqués sur notre personne, comme c’est le cas lorsque l’on participe à une émission de télévision. Lorsque l’on n’est pas habitué à l’exercice, la chute peut être brutale, et certaines « stars » déchues de la télé-réalité en ont fait les frais. La donne est un peu différente pour les professionnels ou amateurs éclairés qui font les belles heures des programmes comme Top Chef, Masterchef, entre autres shows, car ils portent un vrai projet et un savoir-faire bien à eux.

Matthieu Bijou en est un excellent exemple : tout juste 29 ans, passé par le Taillevent et chez Michel Rostang, il a participé à l’émission de France 2 « Qui sera le Prochain Grand Pâtissier ? ». Malgré son élimination rapide, cela n’a pas arrêté ce passionné, qui avoue « vivre pâtisserie, et rêver pâtisserie ». En effet, depuis la fin août, on le retrouve à la tête de sa propre affaire au Raincy.
Dans cette boutique entièrement rénovée, le nouvel arrivant a souhaité perpétuer la tradition des lieux, puisque l’activité historique du 26 avenue de la Résistance est de proposer des gourmandises. Sans activité depuis plusieurs années, le local a été entièrement réaménagé avant d’accueillir de nouveau la clientèle.

Matthieu Bijou, Le Raincy (93)

Des tons sobres, quelques photographies de réalisations sucrées mises en scène et agrandies sur les murs, l’artisan cultive le goût d’un visuel simple et sans fioriture. Cela ne l’empêche pas de proposer des pâtisseries soignées et savoureuses. Difficile de choisir entre tartes, pâtes à choux – bien craquantes avec leur craquelin – ou entremets. Dans chaque cas, les matières premières ont été rigoureusement sélectionnées, à l’image de la vanille. Petit bémol cependant sur le flocage des entremets, assez inutile à mon sens, et une tendance à développer des textures un peu trop « collées ».

Pâtisseries, Matthieu Bijou, Le Raincy (93)

Le chocolat n’est pas en reste, avec un beau choix de tablettes et gourmandises variées (oranges confites, mendiants, …), tout comme les sorbets et glaces, les cakes (chocolat avec enrobage, citron, financier, aux fruits gourmands…) ou encore les viennoiseries au beurre AOC. Les matières premières ont été sélectionnées avec soin, à l’image de la Vanille Grand Cru Raiatea. Associations de saveurs inventives ou plus classiques (du poire-gingembre au poire-caramel, par exemple), taux de sucre maîtrisé, les produits sont fins aussi bien dans leur finition que dans leurs goûts. Une courte gamme salée a été développée afin de capter une clientèle de travailleurs en semaine, une bonne façon d’attirer des fidèles, qui viendront ensuite chercher leurs douceurs dans le même établissement.

Cakes et pâtisseries, Matthieu Bijou, Le Raincy (93)

Matthieu Bijou prend également plaisir à travailler les macarons, avec un assortiment de parfums variant au fil de ses envies et inspirations, à l’image de la tarte et l’entremet « A la Voix », qui sont deux créations éphémères variant au fil des jours. A travers ce mouvement permanent, le pâtissier exprime pleinement sa créativité et sa passion pour ce métier. Deux points forts qu’il partage au sein de sa boutique, puisqu’il assure lui-même le service une partie du temps, en tandem avec une vendeuse. Difficile d’être mieux conseillé, dès lors.

Pâtisseries, macarons & sandwiches, Matthieu Bijou, Le Raincy (93)

Quelques baguettes sont proposées à la vente pour les painrisiens que nous sommes, mais ce n’est pas la raison pour laquelle on s’arrête ici… Voyons plus cela comme un service de dépannage, et tournons nous vers des propositions plus gourmandes, comme la brioche ou les sablés, madeleines et financiers, lesquels enchanteront petits-déjeuners et goûters.
Terminons par un coup d’oeil sur les prix, plutôt mesurés : entre 3,2€ et 4,5€ la pâtisserie individuelle, le macaron à 1,2€ la pièce, cakes à partir de 11 euros, … l’artisan garde bien les pieds sur terre malgré le caractère plutôt favorisé du Raincy.

Infos pratiques

26 avenue de la Résistance – 93340 Le Raincy (RER E, gare du Raincy – Villemomble) / tél : 01 43 81 00 93
ouvert du mardi au samedi de 8h à 19h, le dimanche jusqu’à 13h.

Faut-il y aller ? Bien sûr ! C’est un véritable plaisir que de découvrir l’univers de ce pâtissier discret, lequel n’a sans doute pas eu l’occasion de le faire partager lors de son court passage dans l’émission de France 2. Ici, à l’inverse, on ne peut que souhaiter d’avoir tout le temps de profiter des gourmandises de Matthieu Bijou… une véritable perle en banlieue !

Rien de plus triste qu’une boulangerie fermée. On pourrait se dire que la chose est rare, car il y a presque toujours de la clientèle pour ce type de commerce, surtout en Ile-de-France où les villes comptent un certain nombre de bouches à nourrir. Malgré tout, au fil de mes promenades painrisiennes, j’en rencontre de temps en temps. Parfois de très banale, parfois d’autres dotées de belles devantures « à l’ancienne ». J’ai, à chaque fois, un petit pincement au coeur… mais ainsi vont les aléas de la vie et de l’économie.

Première Pression Provence Marais, Paris 4è

Olivier Baussan partage sans doute cette tristesse devant ces boutiques aux portes définitivement closes, et c’est peut-être l’une des raisons qui l’ont poussé à reprendre la boulangerie du 7 rue Sainte-Croix de la Bretonnerie. En effet, cette adresse située en plein coeur du Marais arbore fièrement les couleurs de l’enseigne depuis déjà quelques mois. En passant devant, difficile d’imaginer qu’une boulangerie se tenait là auparavant, et pourtant. Le fournil demeure présent au fond, visible à travers une vitre. Seulement, ce dernier a changé de destination.

Derrière la caisse, le fournil est bien visible et les lettres dorées nous l'introduisent avec beaucoup d'élégance. Elles nous rappellent l'ancienne vocation du lieu, celle de produire du pain, et même si cette dernière a un peu changé, je trouve que la reconversion est plutôt réussie.

Derrière la caisse, le fournil est bien visible et les lettres dorées nous l’introduisent avec beaucoup d’élégance. Elles nous rappellent l’ancienne vocation du lieu, celle de produire du pain, et même si cette dernière a un peu changé, je trouve que la reconversion est plutôt réussie.

Difficile d’imaginer cette épicerie produisant du pain (même si l’idée d’y trouver des fougasses provençales n’aurait pas été déplaisante !), pour autant, hors de question d’abandonner l’héritage de ces lieux. Première Pression Provence nous emmène donc tout droit dans le sud avec… une navette ! Le fameux biscuit s’est vu retravaillé par Pierre Hermé himself, sur demande de son ami Olivier Baussan. Le résultat est plutôt convaincant : réalisées à partir d’une farine – biologique – de Blés de variétés anciennes moulus à la meule de pierre par Frédéric Ratto à Cucuron, ainsi que de poudre d’amandes et de fleur d’oranger de Grasse, elles croquent puis fondent en bouche. On ne pourra qu’apprécier l’exceptionnelle longueur en bouche du produit, ce qui nous fera pardonner la présence de beurre, liberté prise vis à vis de la recette originale. L’engagement sur la qualité des matières premières est aussi à noter : une bonne recette ne serait rien si elle était ensuite réalisée avec des ingrédients sans saveur.

Les fameuses navettes, proposées dans différents conditionnements. A noter l'existence d'un format à partager, les "Gibassiers", déclinés en trois tailles.

Les fameuses navettes, proposées dans différents conditionnements. A noter l’existence d’un format à partager, les « Gibassiers », déclinés en trois tailles.

Depuis ce fournil, ce sont l’ensemble des boutiques parisiennes que l’enseigne qui sont approvisionnées chaque semaine, même si la production est réalisée quotidiennement. Voilà une belle façon de redonner vie à une ancienne boulangerie, bien plus intéressante que le sort réservé à d’autres dans le même quartier : en effet, plusieurs boutiques de mode affichent encore une devanture rappelant le passé des lieux, cette dernière étant classée. Les loyers pratiqués dans l’arrondissement auront sans doute eu raison de l’activité initiale.
A noter que deux autres fournils existent dans le sud, où Première Pression Provence est également implantée.

Les navettes chez Première Pression Provence – 8 euros le sachet de 13 biscuits –  7 rue Sainte-Croix de la Bretonnerie – 75004 Paris

Paris est un centre d’attraction fascinant. On y vient, on y revient, on s’en éloigne, on y naît parfois… pour finalement souvent s’y retrouver par le jeu des hasards de la vie, ou parfois de l’activité économique bourdonnante qui s’y joue. Bien entendu, cela s’étend d’une plus large manière à la région parisienne, même si l’on cherche toujours à se rapprocher du centre. Cela n’est pas sans conséquence en terme d’infrastructures et d’aménagement urbain, car il faut bien parvenir à faire bouger tout ce petit monde… et le challenge est parfois bien difficile à tenir.

Parmi ceux qui se sont éloignés pour se rapprocher ensuite, on compte Jean-Marie Osmont. Ce Meilleur Ouvrier de France Pâtissier 1979 aura officié pendant 10 ans au Ritz, avant de quitter les étoiles de la capitale pour s’installer avec sa famille à Conflans Sainte-Honorine, dans les Yvelines (78). C’est ici qu’il a pu développer son entreprise, spécialisée dans la confection de douceurs : chocolats, macarons, pâtisseries ou confiseries… Nous sommes en plein dans l’univers du sucré.

Pâtisserie Osmont, Boulogne-Billancourt (92)

Si je parlais de partir pour revenir, ce n’est pas sans raison : en effet, le développement de la maison Osmont s’est opéré en deux étapes, la rapprochant toujours des portes de Paris. A commencer avec une boutique à Saint-Germain-en-Laye, inaugurée début 2009… et en ce début avril à Boulogne-Billancourt, tout près d’Auteuil. L’idéal pour jouer un set, gourmand celui-ci.

J’avais déjà eu l’occasion de parler un peu de cet artisan lors d’un de mes passages à Saint-Germain-en-Laye. Je dois dire que j’avais peut-être été un peu vite en besogne, car les produits proposés par la maison se révèlent corrects et abordables. Certes, les entremets aux couleurs assez tapageuses et à l’aspect très rectangulaire ne sont pas vraiment à mon goût, mais on trouve également des spécialités plutôt savoureuses, à l’image de la tarte citron-framboise ou de la « profiteroles », garnie de petits choux à la vanille et d’une ganache au chocolat noir. Les pâtisseries restent assez accessibles, et sont proposées à un prix moyen de 4,5€ la part individuelle. Malgré le voyage depuis le laboratoire « central » de Conflans Saint-Honorine, les produits affichent une belle tenue et les fonds de pâte croquent autant que l’on peut le souhaiter. En effet, la famille Osmont a souhaité impérativement conserver un contrôle permanent sur la qualité des réalisations, chose bien difficile dès lors que l’on commence à multiplier les équipes et lieux de production.

Vitrine pâtisserie, Pâtisserie Osmont, Boulogne-Billancourt (92)

Les autres gourmandises ne sont pas en reste, avec des chocolats de bonne facture, très accessibles. Les macarons sont tout aussi démocratiques – 1,15 euros la pièce – et même si leur réalisation s’avère parfaitement maîtrisée (croûte craquante et moelleux à coeur), on aimerait que le parfum d’amande soit un peu plus présent.
Difficile de ne pas repartir sans un tube de biscuits secs – cookies, tuiles et aux langues de chat au praliné maison.

Côté humain, rien n’a été fait au hasard, puisque Mme Osmont elle-même est en boutique et conseille avec beaucoup de sympathie les gourmands et curieux venus découvrir le lieu. Curieux, pas tant que ça en définitive, puisque beaucoup de boulonnais connaissaient déjà la maison : Saint-Germain-en-Laye est en effet une destination de choix pour des ballades dominicales à proximité de Paris, d’autant que la cité royale se situe également dans la banlieue nord-ouest de la capitale. Ainsi, ce choix d’implantation s’est révélé tout à fait naturel et c’est tant mieux car cela contribue à renouveler l’offre pâtissière de Boulogne : mis à part Dalloyau, on ne peut pas dire que la ville soit particulièrement bien pourvu côté sucré, à l’inverse de l’offre pléthorique et assez qualitative développée sur le pain.

Infos pratiques

46 avenue Jean-Baptiste Clément – 92100 Boulogne-Billancourt (métro Boulogne – Jean-Baptiste Clément, ligne 10) / tél : 01 46 04 96 80
ouvert le mardi et le vendredi de 8h30 à 20h, les mercredis, jeudis et samedis de 10h à 20h, le dimanche de 9h à 14h.

La gastronomie est entrée, comme le reste de notre société depuis plus longtemps d’ailleurs, dans une véritable guerre des égos. Certes, cela fait la joie des agences de relations publiques et des magazines, puisqu’il faut que chaque chef ait son nom partout, absolument partout. Occuper le terrain, alors qu’ils feraient parfois mieux d’occuper leur laboratoires ou leurs cuisines… Pas facile en effet d’être sur tous les fronts, vous comprenez. Dès lors, il est nécessaire d’avoir « son lieu », « sa boutique », entraînant très logiquement une multiplication des adresses, souvent excessive puisque le succès n’atteint pas les portes de chacun de ces lieux.

La République Pâtissière, Paris 4è

D’autres développent un autre état d’esprit et parviennent tout de même à faire aboutir leurs projets. Il y aurait donc une justice ? La justice de la… République, peut-être. C’est en effet à deux pas de la fameuse place, plus précisément au 57 rue de Saintonge – juste à côté de la seconde boulangerie de Benjamin Turquier ! – qu’a ouvert ce matin la « République Pâtissière ».
Sous ce nom se cachent 4 créateurs passionnés, qui exerçaient précédemment leurs talents par le biais d’Internet ou d’un petit réseau de distributeurs. BnS Kitchen, Choo, Mademoiselle Proust et L’Angélique, voici leurs noms. Ils ne vous sont peut-être pas inconnus, mais peu importe au final : aujourd’hui, l’ouverture de cette boutique physique leur permet d’exprimer leurs identités respectives et de raconter leurs histoires.

Tiramisus, tartes, cheesecakes, macarons... La vitrine propose de nombreux choix.

Tiramisus, tartes, cheesecakes, macarons… La vitrine propose de nombreux choix.

Des histoires, ils en ont à nous faire partager, d’ailleurs : chez BnS Kitchen, les deux fondateurs (Benjamin et Steeve) sont issus de parcours en reconversion professionnelle, tout comme chez Choo, où les associées nous viennent tout droit du secteur de la publicité. Chez Mademoiselle Proust, la fondatrice – Marion de son prénom – a voulu faire partager les gâteaux (issus d’un carnet de cuisine tenu depuis l’enfance) qu’elle confectionnait pour ses deux garçons… En bref, des entrepreneurs qui ont voulu croire en leurs rêves. La difficulté pour chacun d’eux était sans doute d’atteindre la « masse critique » pour se permettre d’ouvrir un point de vente physique, d’où l’intérêt de la mutualisation.

Madeleines "Leonie" de Mademoiselle Proust

Madeleines « Leonie » de Mademoiselle Proust

Ainsi, dans cette petite boutique aux charmants meubles anciens, l’espace se partage entre macarons, cheesecakes, tiramisus, biscuits secs, madeleine, choux et gâteaux de voyage. L’éventail de produits ne devrait pas tarder à s’élargir et à investir pleinement l’espace. Dans chacun des cas, on peut apprécier le caractère profondément artisanal et sincère des réalisations. J’ai pu apprécier la qualité des fameux « Choo », dont un Oriental Blossom (graines de sésame et crème vanille-fleur d’oranger) très réussi, craquant et moelleux, ainsi qu’une tarte chocolat-whisky de chez BnS Kitchen. Certes, quelques ajustements restent sans doute à faire, comme sur le fond de tarte que j’ai trouvé un peu épais à mon goût… mais l’essentiel est là.

La République Pâtissière, Paris 4è

Les artisans ne manquent pas de plaisir à partager ce nouveau lieu, que ce soit en assurant le service ou même virtuellement sur leurs sites et réseaux sociaux respectifs. Il faut dire qu’être confronté directement à sa clientèle est une expérience pleine d’enseignements, avec la possibilité d’obtenir un retour direct sur son travail. En parallèle, ils continueront certainement à assurer leurs activités « historiques », avec bien sûr le supplément de visibilité et de crédibilité que cette boutique peut leur donner.

Les biscuits de Mademoiselle Proust

Les biscuits de Mademoiselle Proust

Souhaitons en tout cas une longue vie à cette belle initiative, gourmande et… démocratique, au delà de républicaine, puisque les tarifs pratiqués demeurent tout à fait raisonnables !

Infos pratiques 57 rue de Saintonge – 75004 Paris (métro République, lignes 3, 5, 8 et 11) / tél : 09 50 40 41 41
ouvert du mardi au samedi de 11h à 20h, le dimanche de 11h à 15h.
Facebook : http://www.facebook.com/RepubliquePatissiere

Faut-il y aller ? Pour croquer dans un des sablés de Mademoiselle Proust, un « Choo » – salé ou sucré ! – ou encore une tarte, un macaron ou un tiramisu de chez BnS Kitchen, bien sûr ! Ces douceurs n’étaient auparavant accessibles qu’en livraison ou dans quelques épiceries fines, pour les produits secs. A présent, elles ont trouvé un écrin à leur mesure : à la fois sympathique, honnête et gourmande, la République Pâtissière ne manquera certainement pas d’attirer les becs sucrés parisiens, et notamment les habitants du secteur que la curiosité invitait déjà nombreux en ce premier jour d’ouverture.

On me parle souvent de la rigueur des japonais, de leur capacité à réaliser chaque jour des produits d’exception, que ce soit en pain, pâtisserie ou viennoiserie. Ils respectent profondément notre savoir-faire et ne pourraient concevoir de prendre le risque de l’écorner, bien au contraire : il en ressort souvent magnifié. Je n’ai pas encore eu l’occasion de le constater sur place, un jour peut-être. Toujours est-il que les nippons sont nombreux à faire le chemin jusqu’à chez nous, à l’inverse. Certains repartent… d’autres restent ou reviennent.

C’est le cas de Morihide Yoshida. Diplômé de l’école japonaise Nippon Kashi Senmon Gakko, il a ensuite perfectionné son savoir au sein de la prestigieuse Ecole Nationale Supérieure de la Pâtisserie à Yssingeaux avant de retourner dans son pays. Là-bas, c’est au Park Hyatt de Tokyo qu’il a exercé, avant de fonder sa propre boutique « Patisserie Naturelle Nature & Co » en 2005. Ses créations ont été reconnues dans des concours tels que le prix André Lecomte, mais aussi à la télévision japonaise dans l’émission « TV Champion 2 Pastry Chef » en 2006 et 2007. En France, il a également oeuvré au sein du laboratoire de la Pâtisserie des Rêves.

La devanture est très sobre et offre une vision directe sur les produits.

La devanture est très sobre et offre une vision directe sur les produits.

Un clin d’oeil amusant, d’ailleurs, puisque Thierry Teyssier aura fait partie de ses premiers visiteurs. En effet, ce talentueux pâtissier a ouvert sa propre boutique hier, sur l’avenue de Breteuil… soit à quelques mètres des bureaux du fameux entrepreneur.
La devanture sobre et moderne, aux lignes très japonaises de par leur caractère épuré, ne laissent pas paraître l’historique du lieu. Pourtant, l’endroit était occupé il y a encore quelques mois par une boulangerie peu à la gloire de son propriétaire. Sombre, mal agencée et à l’aspect « pas très net », la boutique proposait des produits de qualité discutable. Lors de la reprise du fonds, Morihide Yoshida et son équipe ont découvert un laboratoire dans un bien triste état… le plus inquiétant dans tout cela demeurant sans doute que l’artisan installé ici possède toujours deux autres affaires dans le quartier : Patrick Lallement est en effet présent rue Lecourbe et avenue Duquesne. Autant vous dire que cela n’incite pas à recommander ces adresses.

Morihide Yoshida de dos dans sa boutique, avec au premier plan les viennoiseries présentées sur la rue.

Morihide Yoshida de dos dans sa boutique, avec au premier plan les viennoiseries présentées sur la rue.

Les péripéties auront été nombreuses avant d’aboutir à cette ouverture : du plomb dans la peinture des murs, l’importance des travaux à accomplir (l’ensemble de la boutique et du laboratoire ont été remaniés)… Au lieu de décembre 2012, ce fut donc avril 2013. Les gourmands ne regretteront sans doute pas l’attente, dans tous les cas.
Ici, pas de saveurs japonaises mais des classiques tout ce qu’il y a de plus français, remis au goût du jour et réalisés avec toute cette fameuse finesse japonaise.

Brioches, viennoiseries ou curiosités comme le très moelleux Bananier, rien ne manque !

Brioches, viennoiseries ou curiosités comme le très moelleux Bananier, rien ne manque !

La vitrine sur la rue nous attire avec ses gourmandes viennoiseries et brioches. Croissants, pains au chocolat bien sûr, mais aussi un petit détour en Bretagne avec le Kouign-Amann ou le Far Breton ainsi que par la région de Bordeaux avec un Canelé bien caramélisé. Les financiers et gâteaux de voyage (cakes au chocolat, au citron ou aux fruits confits et caramel) sont au diapason.
Pour autant, il ne faudrait pas oublier de se retourner pour se concentrer sur les pâtisseries proposées ici.

De grands classiques pâtissiers réalisés avec finesse.

De grands classiques pâtissiers réalisés avec finesse.

Chez Morihide Yoshida, les grands classiques pâtissiers sont sublimés. Saint-Honoré « Duo » Pistache-Framboise, Montélimar, Chiboust passion, Polonaise, Millefeuille Noisette, Mont-Blanc, tarte au citron (et son fond de citron caviar !), éclairs chocolat ou café, Concorde framboise, Baba aux agrumes, … Le tout bénéficie d’une excellente qualité de finition et d’une belle maîtrise technique. On appréciera la mention des allergènes présents dans chacun des gâteaux directement sur les étiquettes, même si celles-ci ne sont pas exemptes de fautes de français. Un petit défaut de jeunesse qui ne manque pas de charme, en définitive.

Les bonbons de chocolat

Les bonbons de chocolat

Les bonbons de chocolat maison, déclinés juste à côté, ne manquent pas de nous séduire également, avec des enrobages fins et des saveurs délicates. Miel de châtaignier, menthe fraiche-citron vert, pralinés variés et agrumes enrobés de chocolat, la gamme est variée.

Quelques pâtisseries et leurs étiquettes, très détaillées. Un bel effort que l'on aimerait retrouver plus souvent.

Quelques pâtisseries et leurs étiquettes, très détaillées. Un bel effort que l’on aimerait retrouver plus souvent.

Tout cela ne serait rien sans cet accueil très japonisant, à la fois calme, précis et impliqué, montrant toujours une sincère empathie et une volonté de satisfaire au mieux la clientèle. Ah, ce que l’on aimerait échanger notre désinvolture si française contre cet univers délicat, parfois… mais il sait aussi venir à nous, alors ne nous plaignons pas.

Comment résister à ce Saint-Honoré à la chantilly pistache douce et onctueuse, aux choux recouverts d'un caramel craquant et garnis d'une légère crème à la framboise, le tout abritant un coeur de confit de framboise ? Ajoutez à cela une base de pâte feuilletée bien fraiche et fondante ainsi que quelques pistaches cristallisées, vous obtenez une pâtisserie de grande qualité pour 5,8€.

Comment résister à ce Saint-Honoré à la chantilly pistache douce et onctueuse, aux choux recouverts d’un caramel craquant et garnis d’une légère crème à la framboise, le tout abritant un coeur de confit de framboise ? Ajoutez à cela une base de pâte feuilletée bien fraiche et fondante ainsi que quelques pistaches cristallisées, vous obtenez une pâtisserie de grande qualité pour 5,8€.

Infos pratiques

65 avenue de Breteuil – 75007 Paris (métro Ségur, ligne 10 – Sèvres-Lecourbe, ligne 6 ou Duroc – ligne 13)

Faut-il y aller ? Sans plus attendre, oui ! Les tarifs demeurent raisonnables, l’accueil est charmant, et les produits sont un bel hommage à nos pâtisseries et viennoiseries françaises. Morihide Yoshida y apporte délicatesse, taux de sucre réduit et qualité de finition (si peu de temps après l’ouverture, la performance est à signaler !), tout cela dans un écrin d’une belle sobriété. Une adresse qui ne manquera pas de faire parler d’elle, j’en suis certain.