Certains lieux ont une réputation gastronomique pour le moins… dégradée, ce qui ne les empêche pas d’attirer une clientèle nombreuse tout au long de l’année. Emplacement, praticité, concentration importante de commerces, caractère agréable du lieu, voilà des raisons qui expliquent généralement cette affluence. Parmi ce type d’endroit, on peut citer quelques centres commerciaux…

Dont Bercy Village. Centre commercial, pas exactement, puisqu’il s’agit des anciens chais de Bercy, réhabilités afin d’y accueillir divers magasins et restaurants. En la matière, l’offre était pléthorique mais d’une qualité plutôt passable, sans qu’il soit nécessaire de citer des noms. Je vous avais parlé de l’installation d’Eric Kayser ainsi que d’Adam’s précédemment, mais pas encore de Boco, le fameux Bistrot Bio des frères Ferniot. Le moins que l’on puisse dire, c’est que leur ouverture près de l’Opéra a fait parler d’elle à l’époque, entre presse et bloggeurs.
Quant à moi, j’ai préféré attendre quelques temps et observer comment le concept pouvait se pérenniser et maintenir son attractivité.

Depuis le début, divers ajustements ont été réalisés. A commencer sur le plan du pain, qui me tient particulièrement à coeur comme vous le savez. Initialement fourni par Moisan, il est à présent livré par la maison Landemaine. Le cahier des charges était de proposer un pain relativement doux, et bien sûr biologique puisque cela fait partie des engagements de Boco. Même si le morceau est facturé 0,50€, une pratique que l’on pourrait trouver discutable mais qui a pour mérite d’éviter le gâchis, la qualité du produit est bien là.

Pour ce deuxième restaurant, l’aménagement a été particulièrement soigné, et les espaces offerts par ces magnifiques bâtiments ont été mis à profit. A l’inverse de la rue Danielle Casanova, où le parcours de choix est un peu perturbé et enclavé, ici le client avance le long d’une simple ligne, entrée-plat-dessert et boissons, hop, tout est dans le panier en quelques instants. Plus de bouchons en heure de pointe, ce qui est forcément une excellente chose.
Il ne faudrait pas pour autant en oublier l’essentiel, c’est à dire la qualité du repas. Pour s’en assurer, les frères Ferniot se sont entourés de chefs dont le nombre d’étoiles à de quoi faire tourner la tête… Forcément, ce ne sont pas eux qui oeuvrent au quotidien dans la cuisine centrale de Vincennes, où sont préparés les plats. Ils participent tout de même activement à la mise en place des process de fabrication, au delà du simple fait de fournir une recette.

Un repas étoilé et bio pour 15 euros, le pari est-il tenu ? Oui, ou presque, car le ticket a tendance à dépasser légèrement cette somme. La certification biologique n’est pas seulement un argument marketing mais un plus pour la saveur des produits, mis en valeur par le travail réalisé sur l’assaisonnement et l’équilibre des recettes. Le caractère toujours saisonnier des plats est également appréciable. Une salade de quinoa au thon, groseilles et pamplemousse fraiche et bien relevée, de l’agneau « à la marocaine » très tendre et fondant, une semoule au lait et fruits rouges simple et légère… Un repas sans fausse note.
D’ailleurs, j’ai pu discuter quelques instants avec Vincent Ferniot, à peine revenu de Megève, où il avait passé la journée en compagnie d’Emmanuel Renaut afin de travailler sur les plats de la carte d’été. Cette dernière devrait arriver dès le 18 juin dans les deux restaurants – déjà ! Au programme, de la fraicheur et notamment un alléchant risotto de coquillettes et reblochon, posé sur un lit de courgettes poêlées au romarin. En dessert, Philippe Conticini devrait apporter une savoureuse tarte tatin aux abricots et amandes.
Pour ce journaliste, animateur TV et maintenant restaurateur, cette implantation à Bercy Village complète bien l’offre du lieu et contribue à la rafraichir tout en proposant une identité différente de ses voisins Kayser et Adam’s. Prochaine étape ? Une troisième ouverture à côté de Saint-Lazare en septembre, et l’arrivée d’un nouveau chef triplement étoilé dans la « bande à Boco ».

Terminons simplement en saluant la qualité du service, à la fois attentif, disponible et souriant. L’ensemble du personnel prend plaisir à expliquer le concept aux clients, parfois un peu déboussolés par le concept. On se sent bien dans cette salle aménagée avec goût, lumineuse même le soir grâce à ces imposants lustres accrochés au plafond ainsi qu’à de charmantes bougies installées sur les tables. On imagine ainsi aisément prendre son déjeuner ici, ou un diner simple et rapide après un bon film au cinéma tout proche. Un lieu convivial et chaleureux, très painrisien en somme.

Infos pratiques

Deux restaurants à Paris :
boco Opéra – 3, rue Danielle Casanova – 75001 Paris / tél : 01 42 61 17 67
ouvert de 11h à 22h, du lundi au samedi

boco Bercy-Village – 45, Cour Saint-Émilion – 75012 Paris / tél : 01 46 28 96 60
ouvert de 11h à 22h, du lundi au dimanche

4 réflexions au sujet de « Un diner chez Boco… à Bercy Village »

    • La réponse fournie par Boco sur leur page Facebook :
      « Nos restaurants sont équipés de fours mixtes (chaleur tournante + vapeur) qui sont chargés de nos plats en boco. Ceux-ci sont réchauffés EN PRIORITÉ ainsi en début de service. Mais en heure creuse nous avons recours au micro-onde professionnel pour ne pas faire attendre le client. Vous noterez tout de même, nous référant à des études scientifiques indépendantes, que le micro-ondes s’il est nocif pour le vivant, n’a aucun effet négatif sur des corps inertes. Par définition un aliment déjà cuit est inerte et les micro ondes agissent sur les molécules d’eau en les agitant. Bien utilisé ils sont même plus doux avec nos aliments (assez fragiles vu le niveau de nos chefs 3 étoiles et le fait que nous soyons bio + sauvage uniquement) que le four mixte qui est moins souple. En tout état de cause au moment où vous dégustez vos aliments il ne reste bien évidemment aucune trace des micro ondes dans vos aliments… »

  1. la tranche de pain à 0.5 euros m’avait aussi choquée !
    Le prix de 15 euros pour le repas n’est applicable que pour le menu du jour. Sinon cela tourne aux alentours de 19 à20 euros.

  2. Pour vous apporter une précision, BOCO a toujours tenu à proposer un ticket moyen autour de 15€.
    Notre engagement est PLAT+DESSERT+ BOISSON = 15€
    A ce jour, cet engagement reste tout à fait d’actualité.
    Merci de votre fidélité

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *