Ce que je peux aimer les dimanches à Paris. Les quartiers changent de visage. Prenez celui de l’Opéra. D’ordinaire si bruyant et désagréable, il devient alors agréable de s’y promener, débarrassé de ses cadres pressés et de ses foules de « shoppers ». Certaines rues sont également réservées à la circulation piétonne, ce qui est bien agréable. En bref, la ville change un peu de visage, elle devient moins vibrante, elle cède un peu à la torpeur, particulièrement en été. Un peu de répit avant d’enchaîner sur une nouvelle semaine…

Je m’égare. Un Dimanche à Paris, c’est aussi le nom d’un lieu gourmand ouvert fin novembre 2010 en plein coeur de l’Odéon. Au sein de la Cour du Commerce Saint-André, un charmant passage pavé, ce « concept-store tout chocolat » ne manque pas d’éveiller la gourmandise. En réalité, ce n’est pas un lieu mais plusieurs. L’association assez inhabituelle d’un restaurant, d’un bar à chocolat, d’une boutique, d’un « lounge » et d’une grande cuisine dédiée à la tenue de cours. Avec une caractéristique supplémentaire : tout cela doit inclure du chocolat.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que le fondateur a une certaine crédibilité dans ce monde là. Cluizel, vous connaissez ? Michel Cluizel, chocolatier depuis 1948, 240 personnes employées dans son site de production normand. Ici, c’est… son fils, Pierre. Au delà d’avoir un nom, l’homme sait s’entourer et a réuni une équipe de professionnels talentueux et partageant sa passion du chocolat : Quentin Bailly pour la pâtisserie, William Caussimon en cuisine…


L’ambiance est moderne, bien éloignée des salons de thé parisiens un peu surannés, où flotte encore l’air « d’antan ». Dans une association élégante de couleurs telles que le vert et le gris, on prend plaisir à flâner entre les produits de la boutique (tablettes ou bonbons de chocolat, ingrédients de cuisine, ustensiles…), les pâtisseries, le laboratoire vitré où oeuvrent toute la journée les pâtissiers ou encore les différents espaces de consommation sur place. J’apprécie vraiment la grande sérénité qui se dégage du lieu, cela incite vraiment à prendre le temps – comme on le ferait un dimanche, tiens.

Côté produits, je dois dire que les pâtisseries que j’ai pu essayer tiennent de l’exceptionnel. Un Saint-Honoré Poire-Cacahuète (l’utilisation de ce fruit sec est assez inhabituelle à Paris !), une Forêt Noire, une tartelette framboise-estragon… Avec du chocolat ou non, la maîtrise est là, les matières premières de grande qualité, ce qui aboutit à un résultat très convaincant.

L’idée d’ouvrir un restaurant autour du chocolat est également intéressante, car l’utilisation de cet ingrédient comme fil directeur tout en l’utilisant avec subtilité tient du travail d’équilibriste. A côté de cela, on retrouve bien sûr la possibilité de prendre un chocolat chaud accompagné de quelques douceurs. Pour rester côté cuisine, les cours proposés restent dans cet esprit contemporain qui imprègne l’endroit, avec la possibilité d’emporter le résultat de la préparation du jour et diverses formules pour tous publics.

L’accueil est toujours charmant, il sait mettre à l’aise la clientèle. Les questions que j’ai pu poser ont été répondues avec beaucoup de gentillesse, et le personnel n’a pas hésité à contacter les chefs pâtissiers pour de plus amples détails sur les créations proposées. Si vous y passez, n’hésitez pas à saluer Perrine – la responsable de la boutique – de ma part !

Tout cela pourrait être parfait, ça l’est tout du moins du point de vue de l’expérience client. Toutefois, je me demande comment l’endroit pourra survivre parmi la concurrence féroce que se livrent les chocolatiers dans ce quartier de la Capitale. A deux pas, Georges Larnicol semble beaucoup plus faire le plein qu’Un Dimanche à Paris, malgré des produits de bien moindre qualité. On peut citer également la présence de grands noms tels que Pierre Marcolini, Patrick Roger, Weiss… à proximité immédiate. De plus, ils sont loin d’avoir à assumer la même structure de coûts : leur surface de vente est bien moindre, et le personnel nécessaire pour son fonctionnement plus restreint. Ici, au vu des différentes activités de la maison, il faut du monde pour faire tourner la machine !
L’emplacement est également assez peu visible depuis le boulevard Saint-Germain. Certes, ce passage est très agréable, mais cela reste… un passage.
On peut alors se demander si ce n’est pas une sorte de « laboratoire », où Pierre Cluizel tenterait d’affiner un concept avant de le décliner ailleurs… et certainement à l’international. L’avenir nous le dira.

Infos pratiques

4-6-8, Cour du Commerce Saint André – 75006 Paris (métro Odéon, ligne 4) / tél : 01 56 81 18 18
La Boutique : 11h à 20h du mardi au samedi et 11h à 19h le dimanche.
Le Restaurant : 12h-14h30 et 19h-22h30 du lundi au samedi – fermé le dimanche soir.
Le Salon de chocolat : du mardi au dimanche de 15h à 18h.
Le Chocolate lounge : du mardi au samedi de 16h à minuit.
La Grande cuisine sur réservation.

Avis résumé

On se sentirait presque comme un dimanche… mais tous les jours. C’est certainement le paradis des amateurs de chocolat, mais également de pâtisseries ou de lieux sympathiques pour prendre un thé/un brunch/un repas original… La qualité des produits est excellente, le personnel aux petits soins. Pas grand chose à redire.

Faut-il y aller ? Oui, bien sûr ! C’est tellement agréable de prendre le temps, de profiter de produits de qualité dans un cadre soigné. Cela constitue une excellente alternative aux salons de thé traditionnels, parfois bien désagréables. Ne pas manquer le goûter, où sont proposées des tranches de pain Poilâne saupoudrées de chocolat et nappées de beurre Bordier (s’il vous plaît !). Une idée simple, mais délicieuse et redoutable. Ce sont certainement celles-ci les meilleures.

2 réflexions au sujet de « Un Dimanche à Paris, Paris 6è, vivre une semaine dominicale »

  1. Ping : Pâtisserie du jour : Saint-Honoré Poire-Cacahuète, Un Dimanche à Paris (Paris 6è) | painrisien

  2. Ping : Pâtisserie du jour : Tarte aux Fruits Rouges, Un Dimanche à Paris (Paris 6è) | painrisien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.