Si l’on m’avait dit qu’écrire sur le painrisien serait une activité aussi mouvementée et « dangereuse », je ne sais pas bien si j’aurais commencé un jour. Peu importe, après tout, j’assume parfaitement ma liberté de ton et mes prises de position parfois mal acceptées par des professionnels de la boulangerie.

Il y a eu des épisodes désagréables : des mots un peu plus hauts que d’autres, des lettres d’avocat, des coups de fil enflammés. Pour autant, j’osais croire que j’avais en face de moi des personnes sensées, avec lesquelles une discussion adulte et constructive pouvait être menée. Je m’étais visiblement trompé – mais comme à chaque fois, j’apprends de mes erreurs.

Pour ne rien vous cacher, si j’écris aujourd’hui cet article, c’est parce que pour la première fois j’ai été menacé directement et physiquement par le propriétaire d’une des boulangeries que j’ai visité. Mécontent de l’article rédigé à son sujet, il avait jugé bon d’envoyer une lettre par le biais de son avocat, demandant le retrait de l’article en question. Je crois sincèrement en la liberté d’expression et de critique. C’est pour cela que je n’ai pas accédé à cette demande. Les faits en étaient resté là jusqu’alors. Puis il y a eu cette demande de rendez-vous bien étrange, dont j’ai rapidement compris les motivations réelles. Cela ne m’a pas empêché de m’y rendre : je ne suis pas caché derrière mon ordinateur, et je suis donc parfaitement identifiable… Un peu trop, il faut croire, mais qu’importe.

Passons sur les menaces de me « retrouver et de me casser la gueule ». J’ai bien compris que j’avais affaire à des personnes dont les affaires ne devaient visiblement pas être dérangées, et que nous étions bien loin d’une idée vertueuse et positive de la boulangerie comme je la défends. Le constat est en définitive celui d’une grande bêtise humaine, face à laquelle j’aurais bien du mal à combattre. Pour la première, et j’espère la dernière, je plie. Article hors-ligne, la faiblesse de ces arguments aura finalement gagné, malheureusement. Je ne suis pas encore prêt à payer de ma personne à ce point là, même si cela va profondément à l’encontre de mes idéaux et que j’avais une autre idée du monde. Que voulez-vous, difficile d’être un rêveur.

Le painrisien est un peu comme un roseau, en définitive. Il a plié, certes, mais il ne casse pas. Continuons à marcher…

24 réflexions au sujet de « Traité de bêtise humaine »

  1. moi qui es eu l occasion de te voir en personne mais pas le loisir de discuter tu m as été présenté par mon dernier patron( si je te dis beaumont sur oise tu me repond …) avant installation je te suis depuis et je t encourage a continuer,
    a bousculer les habitudes et enlever les Œillère de certains

  2. Tu n’as pas porté plainte pour harcèlement, menaces ou autres ?
    En effet, ce boulanger devait avoir des choses à se repprocher pour réagir ainsi. Quelle tristesse….L’indifférence, il n’y a que ça…
    Continues surtout à nous régaler de tes promenades dans les boulangeries.

  3. bien désolée de lire que vous avez été perturbé dans votre tâche. Cela ne doit pas du tout entâcher pourtant ni votre ton (ni votre orthographe, si je peux me permettre !). Restez-là, nous avons besoin de vous et tant pis pour les indélicats à qui vous faites peur. Et pour reprendre une citation drolesque « si on mettait les cons sur orbite, ça ferait du monde autour de la planète ». très fidèlement, de ma Bretagne profonde. PS et où en êtes-vous avec votre souhait d’intégrer un CAP boulangerie ?

    • Difficile d’entacher mon orthographe, il faudrait en faire 😉
      Je reste là, soyez en sûre. Concernant le CAP boulangerie, ma santé rend les choses un peu difficiles… mais j’espère avancer sur le sujet.

  4. Bonsoir Rémi,

    Désolée, dans tous les sens du terme, d’apprendre cette nouvelle. Et bon courage pour la suite. Tu trouveras un moyen de faire passer les messages qui te tiennent à coeur, j’en suis certaine 🙂
    N’oublie pas de déposer une main courante au minimum, qui te sera utile et indispensable pour la suite.

    • Bonsoir Emma,
      Oui, il faut croire que cela fait partie « du jeu ». Je l’accepte et n’abandonne pas pour autant.
      Pour la main courante, j’y pense en effet comme indiqué plus bas.

  5. Bonsoir Rémi ! Je plussoie Emma : la main courante est un minimum ! Dans un commissariat de police plutôt que dans une gendarmerie (dans le premier, on te remet une copie de ta déclaration — ce qui peut s’avérer très utile, ensuite —, pas dans la seconde). C’est toujours un peu pénible d’accomplir ces formalités, bien sûr, mais c’est très utile, à la fois pour soi (se rappeler qu’on est dans son droit, ça fait du bien…), autant que pour l’individu en question (qui semble avoir quelque conflit avec sa conscience, pour le moins…)

    Et courage ! Il en faut, face à ces individus qui n’ont que brutalité à mettre en « partage ». Mais c’est parce que tu fais oeuvre utile, que tu déranges.

  6. Je plussoie les précédents; il te faut déposer une main courante. Mais surtout je trouve que le plus utile est de faire exactement ce que tu viens de faire: faire partager cet évènement. Parce qu’il est important que l’on sache ce que le monde (de la boulangerie mais en général aussi) peut être. Et surtout, je t’assure de mon soutien et t’engage à poursuivre dans ta voie de liberté d’expression et à ne pas hésiter à dire tout net ce que tu constates (car je sais qu’il t’arrive de t’autocensurer). J’espère simplement que cet artisan n’est pas une personne chez qui je suis allée… C’est idiot mais pourrais-tu me dire, par mail si tu préfères, de quelle adresse il s’agit?

  7. Bonsoir remi, je lis avec beaucoup de tristesse votre mésaventure et suis dépité par autant de bêtise. L’intimidation physique est la derniére arme des imbéciles, elle refléte leur quotidien… triste et nauséabond. Accrochez-vous, ne vous laissez pas impressionner et continuez de nous régaler par vos billets, votre expertise et votre amour pour la boulange. Ce même amour qui je le constate fait cruellement défaut à certains professionnels, manque… qu’ils doivent compenser en remplissant leurs congélos.

  8. Nous y voilà. Encore un chef d’escadrille qui ne supporte pas la critique.

    Les blogueurs du genre de Rémi sont tellement rares sur la toile qu’il faudrait prendre garde à ne pas les perdre. Nombreux sont les blogs (culinaires ou pas) qui ne font qu’encenser des marques, des hommes ou des produits. Leur seul but serait-il d’obtenir les faveurs des uns, une invitation de la société de com d’untel un échantillon du dernier i’machin à la mode.
    Ne pas lâcher prise, continuer. Ton travail n’en a plus que de mérite Rémi.

  9. Depuis que je te lis je me suis deja demandé si tu avais recu des menaces ou représailles de gens suite a certains articles.
    Certains qui ont 20 ou 30 ans de metier ne peuvent pas supporter qu’un jeune d’une vingtaine d’année remette en cause leur petit buisness,il est vrai qu’on peut se mettre a la place de ces gens,dur métier,jugé en permanence… Mais a un moment faut arreter, certains sont vraiment des escrots et se foutent du monde,faut pas qu’ils s’etonnent un jour d’un retour de baguette (envie de le placer celui la). Tu es lucide sur le monde et les gens je crois,tu sais le type de personne qu’il peut y exister,l’orgeuil mal placé,a un certain degré on ne plus rien y faire,des faibles qui règlent les choses par la violence il y en a ca arrive ,si il t’arrive quelque chose,la c’est le tribunal et le gars n’aura peut etre meme plus de commerce.Signaler ca par une main courante me semble une bonne idée.Continu a croire en ce que tu fais,c’est une des choses les plus importantes !

  10. Merci à tous pour vos commentaires de soutien qui me font très plaisir.
    Rassurez-vous, cela ne change absolument rien au painrisien : ce serait donner raison à ce sombre individu, et ce n’est vraiment pas mon intention. Je porte une autre idée de la profession et je pense que le temps et l’évolution des mentalités laissera sur le bas côté cette bêtise. En attendant, il faut faire avec… et même si j’ai reculé dans le cas présent, ça ne sera jamais la règle.

  11. Merci à tous pour vos commentaires de soutien qui me font très plaisir.
    Rassurez-vous, cela ne change absolument rien au painrisien : ce serait donner raison à ce sombre individu, et ce n’est vraiment pas mon intention. Je porte une autre idée de la profession et je pense que le temps et l’évolution des mentalités laissera sur le bas côté cette bêtise. En attendant, il faut faire avec… et même si j’ai reculé dans le cas présent, ça ne sera jamais la règle.

  12. bravo, du courage, continuez….

    Et vous qui aviez l’inquiétude de savoir , me semble -t-il, si votre travail portait, vous avez la réponse; peut-être pas de la bonne façon mais en tout cas cela prouve la portée de ce que vous faites
    mais rassurez vous les messages prouvent que vos amis sont nombreux!!

  13. Je ne peux qu’applaudir les remarques précédentes, dire mon accord avec ce qui a été dit et vous encouragez à continuer et ne surtout pas céder à la menace. J’ajouterai quelques commentaires personnels :
    1) Vous avez intitulé votre article « traité de bêtise humaine ». A mon sens ce n’est pas de cela dont il s’agit. Ce n’est pas de la bêtise, c’est de la violence, de l’agressivité, de la menace, de quelqu’un qui veut se faire passer pour fort tellement il est faible et impuissant, aigri par sa médiocrité et enfermé dans ses rancœurs, incapables de se remettre en cause et d’essayer d’en tirer profit pour s’améliorer. C’est juste un voyou et ses méthodes sont celles d’un voyou, d’un mafieux. Par contre, il a été plus malin que bête, puisqu’il a réussi ce qu’il voulait: vous faire peur et faire ôter l’article…
    2) En vertu du point précédent, je ne peux que vous recommandez de ne jamais céder au chantage et à la menace. Si vous vous en référez aux groupes d’interventions contre les terroristes, les preneurs d’otages, … vous verrez qu’ils ne cèdent jamais au chantage, mais essaient de négocier au maximum, puis interviennent quand la situation n’offre plus que cette solution. Si vous cédez au chantage, vous créez un précédent et ouvrez la porte à tous les autres pour exercer sur vous les mêmes pressions. Et ce seront eux qui auront gagné…
    3) Publiez à nouveau votre article et annoncez sur votre site le nom de ce boulanger (j’ai pensé d’abord au boulanger de Monge, mais j’ai vu que les articles le concernant étaient toujours là, donc j’imagine que ce n’est pas lui?) tout en déposant une main courante explicitant clairement les faits et le nom de ce voyou. Il ne pourra plus s’attaquer à vous car il sera alors dans le collimateur à la fois de la police et de l’ensemble de vos lecteurs. Peut-être pouvez-vous aussi avertir la fédération des boulangers pour que la brebis galeuse soit identifiée dans leurs troupes… Enfin, en communiquant ici ce nom, cela permettra à tous vos lecteurs de relayer le message et d’appeler à un boycott généralisé de cet homme violent. En baissant les bras, vous entrez dans son jeu et vous oubliez qu’il est seul et que vous avez derrière vous la masse de vos lecteurs et consommateurs…
    4) Enfin, je préconise que vous ôtiez dans votre CV consultable par tous, votre téléphone et votre adresse. Nul besoin que vous apparaissiez de façon aussi transparente (prenez exemple sur tous les autres blogs….). Vous éviterez de vous mettre à la portée d’un fou, mais également de risque de vol d’identité, … Et la prochaine fois que vous irez à un rendez-vous de ce style (vous devez bien sentir quand vous êtes un peu convoqué suite à un article pas flatteur), allez y systématiquement comme les journalistes avec une caméra cachée (il y a maintenant des appareils totalement invisibles) ou au minimum avec un smartphone qui enregistre la conversation. Cela peut servir en complément d’une éventuelle main courante dans pareille situation. Et rien ne vous empêche d’y aller aussi accompagné pour avoir un témoin.

    Voilà ce ne sont que des conseils. Vous n’êtes pas obligé de les suivre, mais si des gouvernements, des corps d’élite les utilisent, c’est sans doute qu’elles ont fait leur preuve!

  14. Malheureusement, tous les métiers comportent des brebis galeuses ou, du moins, peu intelligentes… Il faut toujours avoir un avocat, désormais, dans son entourage, c’est triste à dire. Tu es resté fidèle à ta ligne éditoriale, à ta morale, voilà l’important ! Les gens menaçants ont toujours quelque chose à se reprocher…

  15. Bonjour Rémi,

    Je suis de tout coeur avec toi suite à cette aventure fâcheuse. Ce sont les risques du métier de tout journaliste, on se crée forcément des ennemis lorsque l’on décide de rédiger des critiques objectives sur des commerces dont la réputation est parfois largement usurpée.

    Il est néanmoins regrettable que tu aies cédé aux intimidations de ce grossier personnage en retirant ton article. Comme il a été écrit plus haut, trop de blogs et la grande majorité des sites institutionnels se contentent de faire de la publi-information en relayant les campagnes de communication savamment orchestrées par les « institutions » gastronomiques parisiennes. Ton blog fait partie des rares qui se permettent avec une liberté de ton totale de séparer le bon grain de l’ivraie (j’aime cette expression) dans ce milieu qui est gangrené comme celui de la restauration par des gens peu scrupuleux qui misent tout sur la communication plutôt que la qualité de leurs produits.

    Et c’est une victoire que ces gens viennent de remporter en te faisant retirer cet article. Alors certes ils n’ont pas gagné la guerre puisque tu vas continuer ce blog.

    Je te conseillerai donc de déposer une main courante auprès des autorités policières, de republier sans tarder ce billet, et d’offrir un droit de réponse à ce patron dans ton blog pour qu’il puisse réfuter tes critiques avec des preuves tangibles et de bonne foi, ce qui ne semble pas dans ses habitudes, mais il ne pourra nier ton intégrité . Que tes lecteurs soient les seuls juges du différent qui vous oppose.

      • Non, justement, je ne « jouerai » pas. Je préfère utiliser mon énergie à des fins plus positives, et ne pas me lancer dans une « bataille » sans grand intérêt. L’individu en question a prouvé son manque d’arguments, je ne vais pas épiloguer sur le sujet d’autant que les enjeux demeurent assez limités. Il ne faut pas confondre un simple blog et un gouvernement ou une prise d’otages… Les niveaux d’implication sont bien différents et les personnes impliquées également : en l’espèce, il faut aussi penser que je dois penser à me préserver un minimum, la vie ne se limite pas à ce genre d’événements et de rencontres.
        Bref, passons à autre chose…

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