En matière de pâtisseries, ces dernières années ont vu naître de nouvelles tendances, plutôt positives à mon sens : réduction du taux de sucre, décors plus aboutis sans être forcément chargés, ainsi que des finitions mieux abouties. Egalement, les quantités ont été réduites, ce qui peut parfois décevoir les plus gourmands. Il faut pourtant bien s’adapter aux « besoins » de l’époque : nous sommes plus sédentaires, nos besoins énergétiques en sont d’autant réduits.

Pour certains artisans, le « virage » n’est pas toujours facile à prendre. A quelques pas de la place Gambetta, James Berthier et son épouse Anne-Sophie se sont installés il y a plus de 10 ans, en septembre 1999 précisément. Le parcours de ce pâtissier-chocolatier a de quoi faire rêver : Dalloyau, Peltier, le Fouquet’s, le Meurice… Il enchaine les grandes maisons avec brio et arrive trois fois en finale du concours de Meilleur Ouvrier de France. Il recevra également le prix Charles Proust ou encore le Trophée Tholoniat, parmi les nombreux concours et la douzaine de trophées à son actif. Après avoir autant couru, trouver un ancrage était certainement nécessaire, et c’est ce qu’il a eu l’occasion de faire au sein de sa boutique du 20è arrondissement, dans un quartier à la fois relativement calme et atypique, à l’abri de l’agitation des zones très commerçantes et touristiques de la capitale. Ici, une relation plus authentique et sincère peut s’installer avec la clientèle et les entreprises environnantes.

Chez SucréCacao, on trouve bien entendu du chocolat, mais aussi du sucre, sous diverses formes. Pâtisseries, confiseries (pâtes de fruits, notamment), glaces, biscuits divers (fours secs, macarons …), le choix ne manque pas. La maison propose en effet des gammes bien fournies et une belle variété de produits. Les chocolats ne sont pas en reste, que ce soit en terme de formats ou de saveurs. Tablettes, ganaches, … rien ne manque.
Ce qui manque, en réalité, ce serait certainement un peu de modernité dans tout cela : nous avons affaire à des produits très classiques, que ce soit en terme de forme ou de réalisation générale. En effet, le sucre y est souvent assez présent, et les pâtisseries ont du mal à se défaire des schémas classiques tartes-entremets-pâtes à choux…, avec des textures et des sensations vues et revues. Pour autant, les saveurs sont bien marquées et elles s’expriment de façon cohérente. On sent une très bonne maîtrise technique, les chocolats sont de qualité et les matières premières mises en oeuvre sélectionnées avec attention.

On pourra regretter la finition aléatoire des pâtisseries, qui affichent des visuels parfois un peu bâclés, que ce soit en terme de découpe pour les entremets, ou de montage pour les diverses tartes et petits gâteaux. Un peu plus de soin serait certainement le bienvenu, même si la maison semble se concentrer sur le goût plutôt que sur le visuel. Il faut malgré tout que l’oeil soit séduit, puisque c’est le premier contact entretenu avec le produit.
Un rayon pain est proposé à la clientèle, avec quelques baguettes et un nombre limité de pains spéciaux, tout cela ne présente pas d’intérêt, mis à part d’offrir un service de dépannage.

L’accueil, assuré par Mme Berthier et son équipe de vente, est charmant, possédant une excellente connaissance des produits et apportant un conseil avisé à leur sujet. L’ambiance au sein de la boutique est chaleureuse, que ce soit grâce au sourire des vendeuses ou bien de par les teintes chaudes de l’aménagement intérieur.

Infos pratiques

89, avenue Gambetta – 75020 Paris (métro Gambetta, lignes 3 et 3bis) / tél : 01 46 36 87 11
ouvert du mardi au samedi de 9h à 19h30, le dimanche de 9h à 18h30.

Avis résumé

James Berthier et son équipe proposent une belle gamme de produits au sein de la boutique SucréCacao. Le problème est à mon sens le caractère beaucoup trop « classique » de l’ensemble, dans le sens que même les créations proposant des saveurs plutôt modernes sont réalisées avec beaucoup de traditionalisme. Les pâtisseries sont assez sucrées et les textures manquent globalement de légèreté, même si les saveurs sont bien présentes. Leur finition reste, de plus, assez aléatoire, ce qui est toujours assez regrettable. Plus tentantes, les autres gourmandises (macarons, fours secs, chocolats…) sauront séduire les gourmands, tout cela pour des tarifs très accessibles.
L’accueil est fort sympathique, les sourires sont sincères et la clientèle est bien considérée et conseillée. Pas d’empressement ni de volonté de faire du chiffre à tout prix, c’est agréable.

Faut-il y aller ? Si vous êtes à la recherche de produits à la réalisation très classique, pourquoi pas, mais je pense qu’il serait bon de faire évoluer tout cela pour correspondre aux « standards » de notre époque. Il n’en demeure pas moins que les chocolats, pâtes de fruits et autres produits secs sont bien réalisés, même si la finition est parfois un peu aléatoire. Je ne suis pas réellement client de ce style de pâtisseries, mais les produits mis en oeuvre sont de qualité, c’est certainement le principal. L’accueil parvient à rendre l’ensemble plus agréable.

7 réflexions au sujet de « SucréCacao, James Berthier – Paris 20è, (trop de) sucre et des chocolats »

  1. Bonjour Rémi,

    Avant tout, bonne année !

    La boutique de James Berthier donne vraiment envie… mais c’est dommage que les déclinaisons du chocolat versent elles aussi plus dans le « sucre » que le « cacao », comme tu dis. Je n’ai pas tellement apprécié la spécialité de la maison — un rocher praliné en forme de cube, dont j’ai malheureusement oublié le nom : sa texture hasardeuse, qui s’effrite, et son goût de noisette éventé m’ont laissé dubitative.

    Malgré les critiques pertinentes que tu adresses, j’essaierai les pâtisseries une prochaine fois : je suis curieuse de savoir ce que l’éclair au chocolat donne entre le mains d’un chef aussi expérimenté.

  2. Je ne suis pas du tout mais pas du tout convaincu. La qualité des produits de cette enseigne n’est vraiment pas au rendez vous. les pâtisseries ne sont pas soignées et ne méritent donc pas le prix de 4,90 euros la pâtisserie individuelle. les produits à base de pâte à choux (éclairs; religieuses..) sont imbibées d’eau surement dû à de mauvaises conditions de surgélation. J’ai vraiment été déçu et je n’y retournerai pas.

  3. Pour avoir travaillé chez lui je peux affirmer en connaissance de cause que James Berthier est un tyran colérique, infect avec tout son personnel. Toutes les personnes avec qui j’ai travaillé chez lui sont parties très vite, ne pouvant plus supporter son caractère. Pour ma part j’ai arrêté les frais quand il a lancé une balance de 3kg sur le pied de ma collègue, et m’a envoyé une échelle à roulettes dans la figure…
    C’est un excellent pâtissier, mais un très mauvais patron. Ses pâtisseries et chocolats sont très bons, mais si vous êtes pour le respect des droits de l’Homme et du droit du travail, vous passerez votre chemin.
    La qualité baisse parfois parce qu’il ne prend que des stagiaires et des apprentis pour payer moins, mais il n’a aucune volonté de transmettre son métier donc forcément leur formation n’est pas bien assurée.

    • je confirme vos propos, j’ai eu un choc en le voyant dans l’émission, j’ai été stagiaire chez lui et je suis vite partie après des coups de pression, des propos très malveillants et de la violence physique à l’encontre d’un de ses apprentis. Les voisins de l’immeuble dans lequel se trouvent son labo doivent en entendre des vertes et des pas mûres.
      alors oui, il y a de l’expérience et de la maîtrise, mais après, effectivement, beaucoup de petites mains qui se font hurler dessus voire même harcelées physiquement et moralement, j’aurai toujours une pensée pour ce petit apprenti, qui ne voulait pas partir car il avait peur de ne pas trouver une autre maison en cours d’années et surtout, de se faire blacklister dans un milieu dans lequel, curieusement, M.Berthier semble avoir ses entrées malgré son comportement irrespectueux vis à vis de ses employés…c’est triste très triste

      • Ce n’est malheureusement pas rare, on en vient à penser que les artisans reconnus se permettent de ce fait un irrespect à la hauteur du respect qu’il réclame.
        De plus, se faire valoir artisan quand on ne transmet pas le savoir faire, c’est quasiment antinomique.
        Pour ma part, je trouve ses gâteaux irréguliers; certains ne sont pas mauvais (on sent du ralentissement dans le talent et la qualité, encore pour payer moins?), certains sont fades et trop sucrés, tout étant dans le décorum.
        J’ai été vraiment déçue des chocolats de l’autre boutique, qui devait être en « vitrine » depuis un moment (c’était le seul goût que je percevais).
        Les seules choses que j’apprécie sont la vendeuse asiatique de la boutique principale, toujours très disponible, très aimable et efficace, malgré la charge de travail (la plupart du temps je la vois seule!), ainsi que les glaces qui arrivent avec les beaux jours.

  4. passer une semaine chez lui ces du suicide il vous manque de respect en pansant apprendre pour le mieux vous vous tromper et pour lui vous ette une merde bravo sa motive vachement les apprentie ou stagiaire je me pose souvent la question comment James BERTHIER fait pour avoir de la clientèle son chocolat reste dans un sceau et tous se qui tombe ou reste sur les outil de travail son limite ponçais avec une corne .

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