Evénement annuel de la vie painrisienne, le Grand Prix de la Meilleure Baguette de la Ville de Paris se déroule généralement en avril-mai. Cette année, ce sera le 3 mai. Un jury constitué par des personnalités de la boulangerie, de la presse et de la gastronomie, ainsi que par 6 internautes, jugera les baguettes sur 5 critères précis : La cuisson, le goût, la mie, l’odeur et l’aspect.

Sur la base, l’idée est intéressante : juger la qualité du travail des artisans sur des points objectifs, et récompenser leur savoir-faire. Seulement, son fonctionnement aurait tendance à créer un biais dans les résultats. En effet, ce sont les boulangers qui viennent amener leur produit afin d’être notés. Une baguette, pas n’importe laquelle, de plus, sur une année. Autant dire qu’elle peut être exceptionnelle.

La vraie question pour moi, c’est en quoi ces 250 à 300 grammes de pain peuvent être représentatifs de la production quotidienne d’une boulangerie. A mon sens, cela ne l’est tout simplement pas. De plus, il est tout à fait possible de faire réaliser cette fameuse baguette par un intervenant extérieur : représentants des meuniers, par exemple – ceux-ci ayant tout intérêt à voir du pain réalisé avec leurs farines mis à l’honneur. C’est un peu dommage, et le prix gagnerait déjà en crédibilité si le produit jugé avait été acheté en boutique, en anonyme.

L’autre problème, c’est le nombre de participants. Moins de 180 pour près de dix fois plus de boulangeries dans la capitale, cela fait peu ! Pourtant, je suis persuadé qu’il existe des dizaines d’artisans doués et passionnés qui font un excellent travail jour après jour. Peut-être qu’au final, le plus important pour eux est la reconnaissance de leurs clients.
C’est bien ça qui compte avant tout : trouver du pain qui convient à nos goûts, quelque chose qui parviendra à nourrir notre corps et notre âme, même si l’expression peut paraître un peu idiote et excessive. Il ne faut pas s’imposer des tendances, surtout pour quelque chose d’aussi vrai et simple que le pain.

Bien sûr, je ne suis pas painrisien pour rien… J’en ai goûté, de ces baguettes primées. Plus par opportunité, me trouvant à proximité, que par recherche, d’ailleurs. La star de l’année 2010, celle vendue par le Grenier à Pain des Abbesses, ne m’a pas convaincu. Agréable lorsque très fraiche, elle devient vite molle et sans grand intérêt. Pourtant, la boutique ne désemplit pas, et il faut souvent s’armer de patience avant de pouvoir déguster « la fameuse ». Je suis peut-être un peu trop critique…
Par contre, l’Alésiane de Dominique Saibron – classée 3è en 2010 – m’a réellement convaincu. Riche en arômes, un parfum presque entêtant et terriblement addictif, une conservation exceptionnelle… Je ne m’en lasse pas. Le problème, c’est que ce n’est pas le seul excellent produit proposé par cette boulangerie – j’y reviendrai dans un prochain billet très vite ! – et que le choix est difficile.

Au final, ce Grand Prix serait-il un concours de beauté à l’intérêt limité ? Oui et non. C’est une incitation pour les artisans à se dépasser afin de gagner une certaine notoriété – particulièrement bienvenue sur Paris où l’offre est pléthorique et la survie difficile. C’est également un « guide » pour les touristes de passage, une vitrine du savoir faire gastronomique français… Ne sommes-nous pas le pays du béret et de la baguette ?
On citera également l’honneur (!) de fournir l’Elysée pendant un an pour l’heureux lauréat du prix.

Je terminerai juste en me répétant encore et toujours : le mieux, c’est d’essayer, de découvrir, de chercher… Un peu comme pour tout, en fait. Dans la vie, il faut savoir rester ouverts et éveillés.

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