Il y a des noms qui ne destinent pas forcément au métier que l’on fait. Certes, cela ne définit absolument rien, mais on pourrait penser que cela influence. Ainsi je connaissais un certain M. Poisson qui exerçait la profession de… boucher. La vie est parfois bien curieuse.

D’accord, dans le cas présent, c’est un nom plutôt commun mais si M. Colin parvient à maintenir sa boulangerie à flots depuis tant de temps, cela signifie certainement qu’il n’a pas fait d’erreur en choisissant de s’orienter vers ce secteur d’activité.
Les boulangeries ne sont pas vraiment légion dans cette partie de la rue Montmartre, en plein coeur de Paris. Il faut souvent s’en éloigner, rejoindre la rue Montorgueil, se rapprocher de l’église Sainte Eustache ou des Grands Boulevards pour en trouver d’autres. Pourtant, la zone est très passante et les immeubles alentours sont remplis de travailleurs adeptes de repas rapides, leur pause déjeuner étant bien souvent réduite à un laps de temps très court.

Régis Colin a donc choisi son emplacement avec soin, ce qui est la première des clés – et certainement la plus importante – pour la réussite d’un commerce. Vient ensuite la cohérence de l’offre avec les attentes de la clientèle du secteur. Pour beaucoup, ce sera un en-cas économique et servi rapidement. C’est pour cela que les gens se pressent le midi devant cette petite boulangerie assez sobre et moderne. Sandwiches, quiches et autres tartes s’intègrent dans des formules qui rencontrent un franc succès, et dans le même temps assure la fraîcheur des produits, la rotation de ceux-ci étant très importante. Rien à redire sur leur qualité, cela se tient et les appétits seront satisfaits.
Pour moi, le meilleur dans un sandwich sera toujours le pain. Impossible de concevoir un tel en-cas sans une bonne baguette de tradition croustillante. Parlons-en, de cette dernière. Plusieurs fois primée, autant au niveau de Paris que de l’Île-de-France, j’en attendais beaucoup, et j’avoue avoir été déçu. Certes, elle est assez bien réalisée, avec sa croûte fine et craquante, sa mie bien alvéolée et son beau parfum de froment. Cela s’arrête là : elle ne possède pas de caractère particulier, elle est neutre et se fond « dans la masse ». De plus, les cuissons sont bien souvent trop courtes, et la baguette est plus blanche que dorée. Dommage, car sa conservation en est de fait réduite, même si elle reste dans une bonne moyenne.
Concernant les autres pains, la gamme n’est pas particulièrement fournie, on y retrouve les habituels pains complet et aux céréales, quelques petits pains aux graines ou fruits secs, et une ou deux créations tel qu’un pain à base de farine de châtaigne et incluant des noisettes. Leur réalisation est par ailleurs assez moyenne, les façonnages ne sont pas toujours du meilleur goût, et les cuissons restent là encore trop approximatives.

Du côté des viennoiseries, la pâte feuilletée est bien maîtrisée, comme en attestent les prix reçus par les croissants et autres galettes des rois, cependant on apprécierait plus de finesse dans la réalisation de produits tels que les escargots aux raisins. Cela demeure toutefois un des points forts du lieu. En continuant sur le sucré, les pâtisseries reprennent les classiques du genre et ont plus pour vocation de compléter les formules choisies par la clientèle que de briller en elles-mêmes.

L’accueil est dynamique, assez souriant et efficace, ce qui est appréciable en heure de pointe, car personne n’a envie d’attendre longtemps pour déjeuner ou acheter un morceau de pain. Mme Colin veille au bon déroulement des opérations, et les clients ressortent satisfaits de leurs achats, le porte monnaie loin d’être allégé plus que de raison.

Infos pratiques

53 rue Montmartre – 75002 Paris (métro Châtelet-Les Halles, lignes 1, 4, 11, 14 et RER A/B/D) / tél : 01 42 36 02 80
ouvert du lundi au vendredi de 6h30 à 20h.

Avis résumé

Pain ? La baguette de tradition est correcte, mais j’aurais attendu beaucoup plus vu son « palmarès ». Certes, son façonnage est délicat, sa mie bien alvéolée et son parfum de froment bien marqué. Cependant, elle n’exprime aucun caractère particulier et la cuisson qu’elle reçoit semble être trop courte. Les pains spéciaux ne présent pas beaucoup d’intérêt, la gamme n’est pas très large et reprend en grande partie les classiques de la boulangerie française. Là encore, cuissons aléatoires et réalisation moyenne.
Accueil ? Dynamique, efficace, les clients sont bien traités et considérés, tout en leur permettant de vaquer à leurs occupations – souvent nombreuses ! – rapidement. Mme Colin y veille avec attention et sa réputation n’est plus à faire sur la place parisienne, contribuant à rendre la boulangerie plus « sympathique » aux yeux de la clientèle, l’affaire revêtant un caractère familial assez sympathique.
Le reste ? Les viennoiseries sont de bonne facture, même si la réalisation de certaines peut paraître un peu grossière. Le feuilletage est bien maîtrisé par Régis Colin et son équipe, comme en atteste les prix reçus par ses croissants et ses galettes des rois – qui rencontrent un vif succès en saison. Pâtisseries sans grand relief. Les en-cas salés sont certainement ce qui fait « tourner la maison », au travers d’un large choix de sandwiches et autres tartes, proposés dans des formules abordables. Leur fraîcheur et leur prix en font des repas appréciés par les travailleurs du secteur

Faut-il y aller ? Cela reste une boulangerie « de quartier », où les produits sont proposés à des tarifs accessibles tout en offrant un niveau de qualité plus qu’acceptable. Il n’y a certainement pas lieu de traverser la capitale pour découvrir cet endroit, d’autant qu’il est placé… au centre de Paris. Cependant, les croissants sont de bonne facture et les formules déjeuner sont appréciables au déjeuner. L’accueil parvient à rendre cette boulangerie plutôt agréable, on en garde donc un bon souvenir.

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