En s’intéressant à l’histoire et à la boulangerie, on se rend compte que ces deux matières ont des points communs bien surprenants. Certes, le pain et les boulangers ont une histoire, mais au delà de ça les différentes « luttes » qui se jouent au quotidien entre les différents acteurs de la profession (meuniers, industriels, chaines ou artisans indépendants…) prennent parfois un caractère presque romanesque et épique que l’on pourrait retrouver dans les intrigues qui étaient monnaie courante à l’époque de la royauté.

Dans le 16è arrondissement, un artisan boulanger a choisi d’épouser l’histoire avec sa boutique, clairement identifiée comme étant la favorite du roi Louis XV… La Pompadour, puisqu’il faut bien la nommer, aurait donc traversé les siècles pour finalement muer en dame boulangère et élire domicile au 110 rue de la Tour, afin d’offrir aux gourmands cette belle boulangerie à la devanture verte et décorée de carreaux peints du meilleur effet.

La vocation du lieu n’est pas uniquement de proposer du pain, car elle développe un large espace dédié à la consommation sur place, donnant au lieu un aspect proche de celui d’une cafétéria, où les travailleurs du secteur se retrouvent d’ailleurs nombreux à l’heure du déjeuner. Pour les satisfaire, la maison a réalisé de nombreux aménagements et développé une large gamme salée. Présentoir de libre-service, sandwiches bien sûr mais nombreux plats chauds, soupes en saison, quiches, … tout cela occupe entièrement l' »aile gauche » de l’établissement où sont disposées de nombreuses tables et chaises. Bien qu’aménagé dans un style très classique, le lieu est agréable et lumineux, ce qui rend les repas plutôt agréables. Est-on encore dans une boulangerie ? Oui, rassurez-vous.

Dominique Anract et son équipe développent malgré l' »importance » de leur activité une gamme de produits issus de la panification tout à fait sérieuse. La baguette de tradition aurait pu prendre le nom de cette dame que l’on disait d’une grande intelligence, mais non, elle a conservé sa dénomination habituelle… mais n’a pas manqué d’adopter ces fameuses qualités. Elégante – façonnage appliqué et grignes bien ouvertes -, dorée et craquante, elle sait se parer des meilleurs pour nous séduire. Une fois le client sous le charme, la dégustation n’en est pas moins une expérience agréable et toujours sensuelle… On se laisse porter par sa belle saveur de froment et sa douce mie à l’alvéolage irrégulier. Il ne faut pas chercher de note particulière chez cette demoiselle, puisqu’elle respecte la plus pure tradition. Les cuissons sont généralement bien menées. Ces charmes n’ont d’ailleurs pas laissé indifférent le jury du Grand Prix de la Meilleure Baguette de la Ville de Paris, qui l’a classée 4è.
Ces qualités se retrouvent sur le reste de la gamme. N’y cherchez pas de folie ou de créations. Non, l’artisan décline des classiques. Polka de qualité – idéal pour les amateurs de pains riches en croûte sans pour autant rester dans le domaine de la baguette, pains de campagne ou aux graines, le sérieux des propositions est appréciable.

Du sérieux, on en retrouve tout autant du côté des pâtisseries que des viennoiseries. Ces dernières, sans grande originalité, offrent un feuilletage bien maîtrisé. Le croissant, classé l’an passé dans le « top 10 » des Croissants au beurre A.O.P Charentes-Poitou, demeure certainement l’une des valeurs les plus sûres.
Néanmoins, on se laissera aisément tenter par une des tartes aux fruits variés (fruits rouges, poires, …) proposées par l’établissement ou par l’un des grands classiques de la pâtisserie française déclinés ici (fraisier, macaronnade, millefeuilles et autres Opéras). La maison réalise également ses propres macarons. Le tout est honnête, sans surprise. Cela décrit bien la Pompadour en définitive.

Seule « surprise », le service n’est pas toujours très chaleureux et l’efficacité prime parfois sur la considération de la clientèle. Les habitués semblent toutefois bénéficier des faveurs de cette boulangerie, signe qu’une relation de confiance parvient à s’installer. Il ne faudrait pas pour autant que cela se fasse au détriments des clients de passage…

Infos pratiques

110 rue de la Tour – 75116 Paris (métro Rue de la Pompe, ligne 9) / tél : 01 45 04 74 01
ouvert du lundi au samedi de 6h30 à 20h.

Avis résumé

Pain ? C’est incontestablement la « dame » baguette de Tradition qui est la star des lieux, comme a pu l’être la Marquise de Pompadour en son temps. Elle ne manque pas d’élégance, avec un façonnage appliqué et de splendides grignes diagonales bien marquées. Sa croûte, généralement bien dorée et craquante, renferme sous sa finesse une mie aux douces effluves de froment, à l’image de ce que l’on est en droit d’attendre d’une « tradi ». Il ne faudrait cependant pas mettre de côté le sympathique Polka que nous propose Dominique Anract, ou encore les différents pains de campagne ou autres déclinaisons aux céréales. Une gamme cohérente et sérieuse, en définitive.
Accueil ? Parfois un peu froid, même si on sent bien que les habitués des lieux sont reconnus et entretiennent des relations de confiance avec cette boulangerie. Peut-être est-ce lié au caractère très « seizième » du lieu, que ce soit dans son décor très traditionnel (dorures et marbres y jouent en notes majeures) ou sa fréquentation, où les cadres du secteur sont remarquablement représentés. L’efficacité est de mise, cependant, ce qui nous permet de ne pas attendre. Le service du pain, séparé de l’aspect traiteur, est bien organisé.
Le reste ? Impossible de passer à côté des propositions salées de la Pompadour, puisqu’elles représentent une grande part de son activité. En effet, toute la partie gauche de la boutique est dédiée à ces produits. Une partie est proposée en libre-service, l’autre est présentée derrière un large comptoir. Sandwiches, salades, plats chauds, pizzas, quiches… On comprend bien que l’accent est mis sur cette gamme, d’autant qu’il faut bien donner aux gens une raison de s’asseoir quelques instants dans la salle, où sont disposées tables et chaises. Les produits sont frais et corrects, rien à signaler. Même constat du côté des viennoiseries et des pâtisseries. Le tout demeure toutefois très convenu et classique. Si cela correspond bien à ce quartier plus traditionaliste, cela n’en est pas moins un peu lassant, à force.

Faut-il y aller ? Dominique Anract nous offre une Pompadour en bonne forme, avec des pains de bonne facture et de larges gammes de produits. On pourra cependant regretter le classicisme presque forcené du lieu, que ce soit dans son décor ou ses pains, en-cas et gourmandises. Pas de surprise, en définitive, et une maison « de quartier » bien tenue. Seul l’accueil est un peu aléatoire, et les occasionnels n’ont pas droit aux mêmes égards que les « habitués ».

14 réflexions au sujet de « La Pompadour, Dominique Anract, Paris 16è, boulangerie favorite du Roi »

  1. La Pompadour est pour moi de loin, la meilleure boulangerie de cet arrondissement. La régularité et la rigueur sont des valeurs parfaitement encrées, et sont sûrement les plus difficile a obtenir. Nous noterons aussi l’amour des patrons pour leur boutique. Du pain excellent, des vienoiseries gourmandes, une pâtisserie raffinée. Des mets sans trop de complication, du goût, juste ce qu’il faut. Que demander de plus? A recommander!

  2. Habitant dans le quartier, je viens chercher mon pain tous les jours dans cette boulangerie. Toujours bien accueilli, et des produits de qualité… on ne s’en lasse pas !

  3. J’ai acheté une baguette qui s’est révélée: mie très serrée, croûte non croustillante, à la limite du rassis. Et que dire de la teneur en sel…Tout cela à 1€!

    • La critique est aisé mais l’art est difficile
      Les goûts et les couleurs sont des choix personnels
      Je crois que surtout vous êtes atteinte d’avarice, se mal vous ôte le plaisir d’apprécier les bonnes choses
      Il est préférable de s’abstenir de tout commentaire avec de tels maux

    • je vous le déconseille… c’est le défilé de vendeuses dans cette boulangerie… la plus ancienne vendeuse qui est là depuis 30 ans se plait à répandre de fausses informations sur les petites vendeuses qui peinent à gagner 3 francs 6 sous, et qu’elle fait virer au bout de quelques semaines…. les patrons accueillent très gentillement les jeunes filles, et leur reprochent ensuite tout et n’importe quoi pour les virer plus facilement… ma fille en a fait les frais !

      • Bonjour Mr ou Mme
        Je suis tres sensible a votre commentaire et semble surpris.
        Nous estimons nos employees plus que tout ,la preuve est que
        nous n avons peut de turnover.
        Beaucoup sont la depuis longtemps ,30 ans pour les pus anciens.
        La plupart qui ont change pour des horaires ou d autres raison,passent souvent nous saluer, et ils sont toujours recu
        avec plaisir.
        Il faut savoir que dans une boulangerie ou il y a plusieurs vendeuses,et pour remplacer des conges ,parentales ,maladie,vacances,nous faisons appel a des interims,ce que vous appelez le defile.
        Je suis installe depuis 26 ans et ai fais un seul licenciement pour incapacite de travail.
        La boulangerie n est pas un metier facile , tant pour les horaires que pour la cadence de travail ,et il faut parfois admettre qu une personne ne peut convenir a un poste ou a un quartier.
        Ca reste un metier passionnant ,avec beaucoup d opportunites,
        et j encourage votre fille a perseverer dans une entreprise plus sympathique
        Bien cordialement
        D.A

  4. Bonjour Mr ou Mme
    Je suis tres sensible a votre commentaire et semble surpris.
    Nous estimons nos employees plus que tout ,la preuve est que
    nous n avons peut de turnover.
    Beaucoup sont la depuis longtemps ,30 ans pour les pus anciens.
    La plupart qui ont change pour des horaires ou d autres raison,passent souvent nous saluer, et ils sont toujours recu
    avec plaisir.
    Il faut savoir que dans une boulangerie ou il y a plusieurs vendeuses,et pour remplacer des conges ,parentales ,maladie,vacances,nous faisons appel a des interims,ce que vous appelez le defile.
    Je suis installe depuis 26 ans et ai fais un seul licenciement pour incapacite de travail.
    La boulangerie n est pas un metier facile , tant pour les horaires que pour la cadence de travail ,et il faut parfois admettre qu une personne ne peut convenir a un poste ou a un quartier.
    Ca reste un metier passionnant ,avec beaucoup d opportunites,
    et j encourage votre fille a perseverer dans une entreprise plus sympathique
    Bien cordialement
    D.A

    • bonjour moi j ai travaillée pour Mr et Mad ANRACT de 1996/1998 , j’ai toujours été bien traiter meme si j’ etait apprentie , j’ ai appris beaucoup de chose grace a eux !
      merci a vous Mr et Mad ANRACT

      • Evidemment, vous êtes restée deux ans… le traitement n’est pas le même pour une petite étudiante qu’on vire sans raison ni explication au bout de deux mois… Ma fille a depuis été embauchée ailleurs et ça c’est très bien passé…

  5. Vous etes sensible à mes propos ? ça ne mange pas de pain…. moi je l’ai été bien plus que vous quand ma fille a été virée sans aucune raison valable… Ce n’est pas correct de la part d’un employeur de permettre à une petite employée de partir avec de la nourriture et de lui en faire le reproche ensuite (surtout quand les autres employées repartent avec le double de nourriture)…. ou de croire sur parole les propos mensongers d’une employée sous pretexte qu’elle a 30 ans d’ancienneté, lorsque celle ci invente (par jalousie ? par méchanceté gratuite ?)de fausses fautes sur la petite nouvelle dans l’espoir qu’elle se fasse renvoyer en sachant que la petite nouvelle ne dira rien de crainte de se faire renvoyer. ça n’a rien changer de toute façon…. et puis comme on dit « une de perdue…. ». J’ai une deuxième fille et je sais qu’elle ne vous demandera pas de poste, c’est certain…
    Cordialement,

    • Je m’étonne de tels propos ! Personnellement, je fréquente cette boulangerie depuis près de 15 ans ! Les vendeuses sont TOUJOURS les mêmes et sont TOUJOURS charmantes. Le pain est toujours très bon et j’y prends toujours mes pains surprises, etc … sans jamais avoir été décue ! Pour preuve je viens d’y commander une mega galette !

      • ce n’est pas parce que « vous » êtes contente, que « tout le monde » est content… tant mieux pour vous… mais en lisant les messages précédents, on chouchoutte les habitués, ce qui n’est pas le cas pour les clients de passage (et là ce n’est pas moi qui le dit)…. forcément, vous ne pouvez pas non plus vous rappeler des filles qui ne restent pas… sinon, vous vous souviendriez de ma fille… l’épouse de mon patron qui habite rue de la Pompe m’avait pourtant dit « depuis qu’il y a votre fille, on a au moins quelqu’un d’aimable »… mais bon, a priori, c’est pas du gout de tout le monde….

  6. Auteuil-Neuilly-Passy, c est pas du gateau.
    Auteuil-Neuilly-Passy tel est notre ghetto.

    Que dire sinon que j ai un tres bon boulanger a Montgeron qui a obtenu le prix de la meilleure tradition.
    il a le titre de meilleur ouvrier de France, mais le hic c est qu il n est pas du 16Eme

Répondre à Peardon-Brewster Alice Annuler la réponse.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *