Je me suis souvent demandé si certaines boutiques n’avaient pas subi un mauvais sort à leur construction, si elles n’étaient pas bâties sur un ancien cimetière indien qui aurait encore aujourd’hui des incidences sur la bonne marche du lieu… Non, soyons sérieux, cela tient surtout à la capacité ou non d’un commerce à trouver son public, grâce à un bon rapport entre emplacement, produits et prix. Le hasard fait parfois que plusieurs entreprises à la suite n’y parviennent pas, ce qui aboutit inévitablement à… une fermeture.

Au 12 rue de Buci, les échoppes se succèdent et leur destin se ressemble. Certains se souviennent encore de la fameuse Bonbonnière de Buci, qui faisait le bonheur des gourmands de passage ou du quartier. Cette pâtisserie-salon de thé excellait dans la réalisation de douceurs classiques et plus particulièrement d’une large gamme de millefeuilles, interprétées par Pierre Marandon (puis par Frédéric Comyn, qui avait repris l’affaire). Le chef est depuis passé par les magiques équipes du Boulanger de Monge, avant de reprendre cette année un restaurant avec son épouse… au Sénégal !
Après une longue fermeture, c’est la papeterie-salon de thé (un concept original dont je n’ai jamais compris le sens) « Les Eclaireurs » qui avait pris possession des lieux, sans jamais rencontrer un grand succès. Nouvelle période blanche pour la boutique, bien que placée sur un axe passant…

Depuis samedi 12 mai, les portes sont de nouveau ouvertes. La devanture a changé, et affiche désormais un nom aux notes anglophones bien marquées : The Smiths Bakery. Ainsi donc les anglais auraient débarqué en plein coeur de Saint-Germain-des-Prés… renseignement pris, ce n’est qu’un « clin d’oeil », l’entreprise étant tout ce qu’il y a de plus française. D’ailleurs, la plupart des produits qu’elle propose le sont tout autant, à l’image des glaces et sorbets de la maison Berthillon. Ceux-ci sont proposés dans un élégant chariot, en vente à emporter, à partir de 3 euros pour une boule. Ainsi, plus besoin de rejoindre l’Ile Saint-Louis pour se régaler d’un cornet de fraicheur, ou même de céder aux charmes de l’enseigne Amorino à quelques pas. La marque n’était pas représentée dans le quartier, c’est à présent chose faite.

Au delà des glaces, The Smiths Bakery propose une courte gamme de pâtisseries, dont des éclairs, millefeuilles et autres tartes tatins. Ne vous attendez pas à être surpris, même si la réalisation est honnête. Côté prix, la pièce se négocie à partir de 4,6 euros, ce qui demeure assez élevé, mais rien d’étonnant pour le secteur. On passera sur les viennoiseries, pour le moins quelconques.
Une offre de restauration rapide est également proposées, au travers de salades et sandwiches divers (club, …).

Dans tous les cas, un bel effort a été réalisé sur l’aménagement de la boutique, où des matériaux nobles sont utilisés. Un bois clair et lumineux tapisse le sol et une partie des murs, ce qui confère à l’ensemble un certain charme, avec une ambiance très « british ». Le service est plutôt jeune et agréable, on sent bien évidemment que tout cela est en rodage, mais rien de désagréable là dedans.
Même si les beaux jours se font encore attendre dans notre capitale, l’ouverture tombe à point pour être pleinement opérationnel à la période estivale.

Infos pratiques

12 rue de Buci – 75006 Paris (métro Odéon, ligne 4)

4 réflexions au sujet de « The Smiths Bakery, du Berthillon près de l’Odéon »

  1. Faire référence à Amorino, comme alternative à une glace
    Berthillon, alors qu’il y a Grom à deux pas, quelle faute de goût !
    Amicalement, François Dumoulin

    • Ah non non, ce n’est pas une alternative, vraiment pas. Je ne le citais pas pour cette raison, uniquement pour la proximité géographique. Quant à Grom, si je n’en ai pas parlé, c’est tout simplement qu’ils ne jouent pas dans la même cour à mon sens : leurs produits sont vraiment exceptionnels…

  2. Ping : Mille-feuille in Paris - FlyerTalk Forums

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