C’est beau, la finance. Enfin, ça l’est surtout pour ceux qui détiennent des capitaux, et de fait un certain pouvoir dès lors qu’il s’agit d’investir ou réaliser des transactions. Bien sûr, tout dépend de ce que l’on fait de ses fonds, mais il n’en demeure pas moins que certains prennent grand plaisir à sortir de leurs métiers « de base » pour faire des incursions dans des domaines à la forte rentabilité potentielle…
La boulangerie en fait partie, il ne faut pas s’en cacher : une affaire bien située, avec une importante chalandise, peut représenter une véritable « machine à cash ». Cela fait abstraction de toutes les difficultés inhérentes au métier : personnel, matières premières, niveau de qualité à assurer au quotidien… mais ce n’est pas la préoccupation principale des investisseurs débarquant dans le milieu. En effet, ils se contenteront bien souvent d’employer un personnel peu qualifié, avec un niveau de qualité tout juste moyen. Pas besoin de faire plus si on a l’emplacement… et ils savent l’avoir : pour cela, la meilleure façon est de faire monter les enchères, ce qu’ils sont parmi les seuls à pouvoir se permettre.
On m’a récemment parlé de la -possible- prochaine entrée en lice sur la capitale de groupes asiatiques, ainsi que de restaurateurs aux assises financières solides. Cela pourrait bien donner un visage bien terne à la boulangerie parisienne, et même française à plus long terme, n’offrant au consommateur que des propositions uniformisées et standardisées, toujours pour des raisons de réduction des coûts et de multiplication. Le mouvement n’est pas nouveau : des entreprises comme Paul ou Eric Kayser ont depuis plusieurs années exercé une « pression » sur les fonds de commerce de boulangerie.
En dehors de Paris, la situation restera bien entendu différente, mais là encore les difficultés ne manquent pas : des enseignes comme la « boulangerie de Marie » se développent et rendent la tâche plus difficile aux artisans, notamment grâce à leur caractère pratique. Installés dans des zones commerciales, souvent de façon « couplée » à une offre alimentaire généraliste, le consommateur ne voit plus l’intérêt de se tourner vers un « vrai » artisan… d’ailleurs, ils en sont aussi, en définitive, puisque le pain est fabriqué sur place. Les frontières deviennent floues, les cartes troublées, c’est ainsi que les choses deviennent compliquées.
Compliquées, surtout pour les boulangers réellement talentueux, ceux qui pourraient offrir beaucoup au métier et à leur clientèle. Sont-ils condamnés à rester de simples ouvriers ? Bien sûr, le recours bancaire n’est pas impossible, mais on a souvent tendance à ne prêter qu’aux riches… Les meuniers aident aussi à l’installation, une action pertinente puisqu’elle assure par la même occasion leur survie, dans le cas des minoteries dites « artisanales », dont le métier reste encore aujourd’hui de fournir de la farine aux artisans et non pas à l’industrie. Il faut parvenir à faire front face à ces grandes entreprises, et au delà de l’ouverture, la pérennité de l’entreprise doit être assurée. Pour cela, il ne faudrait pas se limiter à réaliser des sandwiches comme certains savent très bien le faire, mais parvenir à mettre en valeur ce qui fait toute la singularité du savoir-faire d’artisan, au travers de pains variés et savoureux, de créations originales… et bien sûr créer une véritable relation de proximité avec la clientèle.



Et que dire des enseignes en province comme la boulangerie d’ange (http://www.boulangerie-ange.fr/). On fait le pain sur place (enfin quelque chose qui semble quelque fois très éloigné d’un pain de qualité)…et tout le reste est de l’industriel. On assiste comme dans pour le reste de la consommation à une dégringolade de la qualité pour maximiser les profits. Il faut à tout prix rentabiliser les emplacements qui leur sont désormais systématiquement proposé au travers de leur réseau d’apporteurs d’affaires.
Ces enseignes s’installent aux abords des centres commerciaux et en périphérie des grandes villes.
Les centres villes sont désertés petit à petit. Pas de place de stationnement à proximité; peu ou pas de place pour permettre à quelques uns de se restaurer sur place…
Nous sommes tous un peu responsable de cette situation. Nous voulons des centres villes moins pollués par la circulation en rejetant les flux de véhicule vers les boulevards extérieurs et en les contraignants à s’y stationner .
C’et le pot de fer contre le pot de terre…la lutte est inégale et la fin inéluctable?
Il est vrai que depuis un moment on assiste à une guerre des commerces . Regardez le groupe Bertrand qui as racheter Moisan et qui possède également d’autre établissement comme l
Il est vrai que depuis un moment on assiste à une guerre des commerces . Regardez le groupe Bertrand qui as racheter Moisan et qui possède également d’autre établissement comme la boulangerie de papa .
En connaissance de cause il est très dur pour un jeune de s’installer et sans une aide meunière cela deviens impossible . Ajouter à cela que pour acheter un fond sur paris c’est mission impossible car ils sont vendues entre 120 et 150% du Chiffre d’affaire .
Et bien souvent ils sont dans un état lamentable …
Pour donner de l’eau au moulin, j’ai 35ans et je dois bien avoir rencontré une bonne trentaine de boulangers de ma génération au long d’une vingtaine d’années de pratique. Aujourd’hui combien se sont installés ? 0, pas un seul, nada. Et y a même un bon tiers qui à changé de métier.
Et les idées, l’inspiration, l’innovation que tu cherche en vain, eux les avaient.
Cela me fait vraiment de la peine à le lire, même si je suis bien conscient de la situation
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