On ne peut pas imaginer plus parisien que le quartier Saint-Michel. Rempli de petites ruelles assez pittoresques, parsemé de monuments historiques, de restaurants et boutiques en tout genre… Les touristes y affluent sans cesse et font les affaires des commerçants, qui ne manquent pas de pratiquer des tarifs… élevés. C’est aussi ça, Paris. Une facheuse tendance à vouloir escroquer la clientèle de passage. Il n’y a pas de quoi en être fier, mais j’ose espérer que c’est un peu la même chose dans d’autres pays.

Une entreprise du secteur de la restauration s’est fait une « spécialité » de posséder des marques prestigieuses ou de développer des concepts surfant sur diverses tendances. Je veux parler du groupe Bertrand, notamment propriétaire de Moisan, d’Angelina, des brasseries Lipp, de Bert’s ou encore de Viagio.

J’ai déjà pu exprimer mes doutes vis à vis de la qualité des pains de chez Moisan, mais ce n’est pas grand chose par rapport à la Boulangerie de Papa, installée depuis 2005 rue de la Harpe, à deux pas de la station Saint-Michel.
Tout d’abord, est-ce vraiment une boulangerie ou bien un snack ? L’activité principale du lieu semble être la vente ambulante de crêpes ou gaufres, proposées à l’extérieur de la boutique, au sein d’un comptoir donnant sur la rue. Cela ne fait d’ailleurs pas particulièrement envie…

A l’intérieur, on retrouve fort heureusement des produits se rapportant à l’univers de la boulangerie. Viennoiseries, pains, tout est là. Les prix aussi, à la « hauteur » du quartier, tout en n’offrant pas une qualité hors du commun. La spécialité du groupe Bertrand, c’est aussi le « name-dropping » : on attire la clientèle en s’offrant de grands noms de la restauration, de la pâtisserie… et ici de la boulangerie, puisque Christian Vabret, meilleur ouvrier de France Boulanger, est annoncé comme étant responsable de la gamme du lieu. C’est également le cas chez Moisan. Seulement, je doute sincèrement qu’il intervienne dans la production au quotidien : son rôle est simplement celui d’un consultant, chargé de développer des recettes qui seront ensuite mises en oeuvre par les boulangers au sein des diverses unités de production du groupe. Un peu facile, comme pratique, et au final un peu mensonger.

Ainsi on essaye de raconter de belles histoires aux touristes, avec un nom dans la même veine que les « Mère Poulard », « Mamie Nova » et autres : on tente de rapprocher tout cela d’une certaine tradition, d’un savoir-faire artisanal français. Bien entendu, dans le cas présent, ce n’est pas à la même échelle, mais le principe est identique. Au final, cela vaut-il la peine de s’arrêter dans ce genre d’endroit ? Non, vraiment pas. Au contraire. Il y a dans la capitale des centaines de vrais artisans, capables de proposer des produits savoureux et vraiment en rapport avec l’idée que se font les touristes de notre gastronomie, tant vantée à l’international.

Infos pratiques

1 rue de la Harpe – 75005 Paris (métro/RER Saint-Michel, lignes 4, C et B) / tél. : 01.43.54.66.16
ouvert tous les jours de 06h30 à minuit (1h le we)

Avis résumé

Pain ? Sans intérêt, les « 22 variétés » vantées sur le site du groupe Bertrand ne sont même pas présentes. De plus, est-il réalisé sur place ? Rien n’est moins sûr, vu l’emplacement et le caractère exigu du lieu. Il y a quelques produits amusants, comme la baguette au seigle, cependant, même si ça n’a rien de surprenant.
Accueil ? Un peu comme dans toutes ces enseignes de restauration rapide bas de gamme, sans âme, le travail est fait de façon automatique, même si l’on ne peut rien reprocher à ça.
Le reste ? En voyant ce comptoir à crêpes et gaufres, j’ai envie de fuir. J’aurais tendance à trouver que tout cela ne fait pas très net…

Faut-il y aller ? Non. A mon sens, c’est uniquement un ‘spot à touristes’, passons donc notre chemin.

2 réflexions au sujet de « La Boulangerie de Papa, ce n’est pas une histoire de famille »

  1. cette boulangerie est trés sale les rats les souris traine dedans j’ai une video du boulanger ou il fume au dessus de sont produit le pain dire que la cendre tombe dedant l’appareille la crepe n’est ni fait nia faire tout est fait l’arrache rien n’est peser tout se qui tombe par terre est ramassser est remis en ventes il ya des produit qui dure 2 3 jours voir 1 semaine sans etre vendu cela est catastrophique ceci n’est pas une boulangerie est je vous parle pas des magouille avec l’hygiene etre prevenue de leurs arrivée ne doit pas etre sû pourtant eux etait au courrant bref si vous voulez avoir une bonne intoxication alimentaire il faut passer par la

  2. Je dois vous avouer que la lecture de cet article m’a profondément surpris. Je travaille à Saint-Michel et la Boulangerie Papa est très vite devenue un QG pour moi. Le « journaliste » évoque des prix à l’image du quartier. Je me dois de vous contredire; les cafés donnant sur la place Saint-Michel proposent l’espresso à 3,50€ tandis qu’il ne coûte qu’1,25€ dans cette boulangerie qui propose l’allongé à 1,50€. Je suis amateur des confiseries et snacks mis en vente dans ce lieu; mon estomac n’a jamais exprimé aucun signe troublant, sans parler d’intoxication alimentaire. Mais voyez-vous, ce n’est pas forcément parce que ce lieu propose des prix si attractifs en terme de qualité-prix que je m’ rends si régulièrement, mais bien pour l’accueil convivial que j’y retrouve. Il s’agit d’une structure familiale, au bout de quelques cafés, vous tutoyez les employés qui ne ménagent jamais leurs sourires. En outre, le fait qu’il s’agisse d’un repaire de touristes est enrichissant. Il est fréquent que des conversations fermées s’ouvrent et que les langues se délient autour de discussions culturelles vivifiantes. Là-bas, je me surprends à parler anglais et espagnol. On peut y faire de belles rencontres.
    Cette intervention n’a pas pour fin de vous convaincre qu’il s’agit de la meilleure boulangerie du monde. Je souhaite seulement restituer à ce lieu sa véritable valeur, selon moi, face à la critique assez injuste et sans nuance aucune qui lui est dédiée.
    Vous souhaitez un moment convivial et à bas-prix dans un quartier cher ? Passez votre chemin ou laissez-vous tenter. Moi, j’adore !

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