En matière de boulangerie artisanale, certains sujets reviennent régulièrement sur « la table », même s’ils ne concernent pas directement le pain ou les produits proposés par les artisans. En effet, la profession est profondément inscrite dans la vie quotidienne et s’empare régulièrement des évolutions de la société, de façon plus ou moins heureuse par ailleurs…

S’il y a bien une chose qui touche et préoccupe nos boulangers, c’est leurs revenus et tout naturellement… leurs caisses. Ces dernières se voient ainsi fortement automatisées, et j’ai déjà eu l’occasion de vous parler de cette tendance que je regrette, même si la profession tente de la défendre bec et ongle. Nous avons récemment échangé à ce propos avec la sympathique étudiante en journalisme Dora Courbon, dont l’article a été publié sur le site Rue89. Les arguments développés par les différents intervenants (qu’ils soient constructeurs, boulangers ou membres du syndicat) ne manquent pas d’intérêt, mais ce qui compte, c’est le ressenti quotidien de la clientèle.

En la matière, j’ai toujours trouvé que ces machines rendaient l’encaissement long au possible. Certains ont décidé de me donner tort, et c’est tant mieux. En effet, à l’Atelier de Christophe, la jolie boulangerie charentonnaise de Christophe Teillet, un effort particulier a été réalisé afin d’intégrer ces caisses automatiques dans le flux de clients. Bien sûr, cela commence par le nombre de machines, puisque ce sont deux monnayeurs Tigra CashGuard qui reçoivent nos espèces – une chose indispensable dès lors que le lieu accueille un certain volume de clientèle.

Rien d’original jusque là, sinon que les clients sont dirigés vers une couleur de monnayeur : gris pour les uns, vert pour les autres. Pendant qu’ils règlent leurs achats, les vendeuses préparent les produits. Je dois bien avouer que le tout est d’une efficacité assez redoutable, en particulier le dimanche matin, où l’affluence est importante. Cette intégration n’est certainement pas le fruit du hasard, puisque Christophe Teillet a choisi cette solution d’encaissement en pionnier, puisqu’il était mis en avant sur le site de Tigra dès 2010.

Toutes ces considérations importent bien moins que la qualité des produits, et en la matière, notre artisan a quelques propositions gourmandes à nous faire. A commencer côté pain, où les produits, sans relever de l’exception, demeurent tout à fait honnêtes et variés. Une baguette de Tradition bien sûr, un peu onéreuse (1,30€ les 250g) même si correcte et soignée, mais également un sympathique et moelleux pain au Miel, très parfumé et remplaçant idéalement au petit-déjeuner des pains de Mie parfois peu digestes, ou encore des pains à la châtaigne ainsi qu’un « Impérial » à la mie dense (association de farines de Seigle et d’Epeautre).

Là où Christophe Teillet exprime sans doute le mieux son talent, c’est du côté des pâtisseries, créatives et plutôt bien vues. On y retrouve bien entendu de grands classiques, mais aussi beaucoup de propositions originales. Les prix demeurent assez élevés pour une boutique de banlieue, même si on appréciera le soin pris pour la réalisation des produits.

Vous l’aurez compris, l’accueil se veut efficace, et de fait pas forcément très humain. Cela manque singulièrement de chaleur, et on passe plus de temps à dialoguer avec le monnayeur qu’avec le personnel de vente… ce qui est pour le moins regrettable.

Infos pratiques

61 rue de Paris – 94220 Charenton-le-Pont (métro Charenton-Ecoles, ligne 8) / tél : 01 43 68 32 90
ouvert tous les jours sauf mercredi de 7h à 20h.

Avis résumé

Pain ? La gamme, réalisée à partir d’une farine livrée par les Moulins Bourgeois, se révèle plutôt variée et honorable. La baguette de Tradition est plutôt soignée, même si son prix est élevé (1,30€ les 250g). Du côté des pains spéciaux, le pain au Miel, son moelleux et son parfum soutenus en feront un compagnon idéal du petit-déjeuner, même si l’Impérial (Seigle-Epeautre) offre également un certain caractère.
Accueil ? L’organisation mise en place autour des caisses automatiques limite grandement les échanges avec le personnel de vente et toute possibilité de convivialité. Les personnes oeuvrant ici ne sont pas forcément désagréables, mais en définitive, on ne saurait même pas s’en rendre compte…
Le reste ? Le point fort des lieux demeure sans doute la pâtisserie, où on l’on trouve des créations originales et savoureuses. Soignées et colorées sans être tapageuses, elles séduisent plus que ne peuvent le faire les viennoiseries, sans grand relief.

Faut-il y aller ? L’Atelier de Christophe propose aux charentonnais des produits créatifs et plutôt honnêtes, malgré des tarifs assez élevés. On pourra aussi apprécier le caractère sobre et moderne des lieux, en plus des efforts particuliers mis en oeuvre pour rendre le service efficace et, de fait, rapide.

Une réflexion au sujet de « Détours en banlieue : L’Atelier de Christophe, Charenton-le-Pont (94), là où les caisses prennent des couleurs »

  1. bonjour ,nous ten ons a vous remercier pour votre accueil ,lors de notre visite dans votre etablissement.bonne continuation….salutations.

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