Certains projets mettent du temps à aboutir, car ils ne voient le jour que lorsque ceux qui les mènent ont décidé qu’ils étaient à la hauteur de leurs exigences… et ces dernières peuvent être particulièrement hautes, au vu de la culture de l’excellence développée par certains artisans. Certes, cette « attente » présente un coût non négligeable et tout le monde ne peut se permettre d’investir sans avoir de retour immédiat. Néanmoins, tant d’entreprises et de personnes confondent aujourd’hui vitesse et précipitation, qu’il est presque charmant de rencontrer des entrepreneurs investis et portés par la volonté d’offrir le meilleur à leur clientèle.

, Acide Salon de Thé, Paris 17è

Dans le cas du salon de thé de Jonathan et Renata Blot, on peut dire qu’il en aura fallu, du

Un présentoir bien gourmand

Un présentoir bien gourmand

temps. Entre complications de chantier, élaboration des produits, mise en place du laboratoire afin d’être tout à fait opérationnel le jour J… l’endroit, qui devait voir le jour l’été dernier, a finalement ouvert ses portes hier. C’est ainsi que la rue des Moines est devenue terriblement gourmande, en ce mois de mars 2013. Non pas que je remette en question la capacité de la Romainville et ses pâtisseries industriellement roboratives ou bien de Thierry Gouin à satisfaire les appétits des habitants du quartier des Batignolles… mais en fait si, c’est exactement le cas.

Les viennoiseries bien dorées nous accueillent dès notre entrée.

Les viennoiseries bien dorées nous accueillent dès notre entrée.

Dans ce secteur en pleine mutation (d’importants travaux sont en cours non loin de là), ce salon de thé moderne et coloré participe bien à cette sensation de mouvement.

Ne nous laissons pas impressionner par les théières (en réalité, ce sont des lampes) qui pendent au plafond, entrons et découvrons cette nouvelle déclinaison de l' »univers » Acide. Ici, pas de macarons : pour découvrir la spécialité qui a fait le succès de la maison, il faudra continuer à se rendre rue Legendre, à quelques pas de la nouvelle adresse. C’est plutôt bien vu, car cela évite tout mélange des genres, même si les petits-fours meringués sont fabriqués dans le laboratoire situé au fond du tout jeune salon.

Une bonne machine pour un bon café : ici, pas de Nespresso... La maison est fidèle à ses engagements de qualité. Toutes les boissons sont soignées, y compris les limonades qui sont faites à la demande !

Une bonne machine pour un bon café : ici, pas de Nespresso… La maison est fidèle à ses engagements de qualité. Toutes les boissons sont soignées, y compris les limonades qui sont faites à la demande ! On appréciera aussi la vaisselle et son style bien particulier, très raccord avec l’endroit.

Parlons-en, justement, de ce laboratoire, car l’entreprise n’a pas reculé devant l’investissement et a souhaité sortir des sentiers battus de son activité initiale. Pour produire plus de 5000 macarons par jour, comme c’est leur cas (Acide livre en effet nombre de palaces et maisons réputées sur Paris), il faut adapter son outil. Un four à chargement a ainsi rejoint l’équipe… ainsi qu’un autre, à sole cette fois. C’est là que les choses deviennent

Dans la vitrine donnant sur la rue, on peut se laisser tenter par les bouchées sucrées ou bien par les focaccia 100% maison - pain y compris.

Dans la vitrine donnant sur la rue, on peut se laisser tenter par les bouchées sucrées ou bien par les focaccia 100% maison – pain y compris.

intéressantes.

En effet, Jonathan Blot est bien le passionné perfectionniste dont je vous parlais en introduction. Pour lui, hors de question de faire les choses à moitié : dans son salon de thé, toutes les gourmandises sont maison… le pain y compris ! Qu’il soit traditionnel, de mie ou agrémenté d’huile d’olive pour les focaccia, inutile de chercher sa provenance, tout comme pour les charmantes viennoiseries qui nous accueillent sur leur présentoir.
Ainsi, on peut débuter la journée devant un bon café – réalisé avec la superbe machine Marzocco – ou un chocolat chaud Corallo et la continuer au déjeuner avec une salade, des oeufs, un club sandwich… avant de s’arrêter au goûter pour déguster une douceur. Le lieu et la clientèle évoluent ainsi au fil des heures. A noter qu’il sera rapidement possible d’emporter une partie des produits proposés à la vente.

La gourmande tarte au chocolat et sa ganache travaillée à partir de couvertures de chez Claudio Corallo.

La gourmande tarte au chocolat et sa ganache travaillée à partir de couvertures de chez Claudio Corallo.

Côté sucré, le principe reste toujours le même : des portions mesurées pour éviter l’écoeurement et garantir le plaisir. Pour les plus curieux, il est à présent possible de découvrir chacune des saveurs en « bouchée », ce qui permet de s’ouvrir à un plus large

Impossible de passer à côté de la fantaisie des créateurs du lieu, qui n'ont pas hésité à faire cohabiter fauteuils futuristes et tables en bois !

Impossible de passer à côté de la fantaisie des créateurs du lieu, qui n’ont pas hésité à faire cohabiter fauteuils futuristes et tables en bois !

panel de saveurs. Paris-Brest à la noisette du Piémont, tarte Tatin et sa crème épaisse, Baba au vieux Rhum, … des douceurs classiques mais exécutées dans la modernité et avec une belle maîtrise technique.

Bien sûr, tout cela ne serait rien sans le service, toujours aussi attentionné et charmant – Renata y veille particulièrement ! – et c’est sans doute ce qui explique que l’endroit ne désemplisse pas depuis son ouverture : une relation de confiance s’est établie de longue date avec les habitants du quartier. Un fait qui justifie pleinement cette implantation dans un secteur peu habitué à ce type de commerce… à tort, car tout le monde a besoin d’un point de chute calme, lumineux et contemporain. Pour le 17è arrondissement, c’est à présent chose faite, grâce à Acide.

Infos pratiques

24 rue des Moines – 75017 Paris
http://www.acidemacaron.com ou Facebook

Presque une figure imposée chez Acide, on retrouve un "graf" dans ce nouveau salon de thé.

Presque une figure imposée chez Acide, on retrouve un « graf » dans ce nouveau salon de thé.

Parfois, j’aimerais bien regarder le monde avec des yeux d’enfants, vous savez, avec cette certaine candeur et une bonne dose de douceur, d’innocence. Seulement voilà, la grisaille soutenue de ce monde d’adultes a progressivement épuisé les couleurs de ma palette, je suis devenu un bien triste peintre… mais je continue inlassablement mon oeuvre, dans l’espoir de finir par y retrouver ces fameuses teintes perdues.

Des peintres, des ouvriers, il en aura certainement fallu pour transformer cet ancien garage Renault de la rue de la Roquette. Au 40 de l’allée tortueuse du 11è arrondissement, les vapeurs d’essence ont été remplacées par d’autres, bien plus agréables. Quand les impressionnantes machines chargées de transformer le cacao en chocolat sont en route, il est en effet difficile de passer à côté des effluves grillées qui se dégagent de l’endroit.

Nicolas Berger devant son torréfacteur, Chocolat Alain Ducasse, Paris 11è

Alain Ducasse n’a pas lésiné sur les moyens pour se lancer dans le chocolat, lui qui a déjà si bien réussi dans la restauration. Toujours ambitieux, il a souhaité maîtriser l’ensemble de la « chaine » qui aboutit à la production de chocolat. Réception des fèves de cacao, tri et nettoyage, torréfaction, conchage… Bien peu en France continuent à être en possession de ce savoir-faire, d’autant plus au niveau artisanal comme c’est le cas ici. Pour relever le challenge, c’est un assemblage de machines d’horizons variés, aux histoires parfois atypiques et éloignées du cacao, qui a été construit ici. Des machines, oui, mais il fallait bien un chef d’orchestre pour les mettre en action. Ce dernier a été tout trouvé en la personne de Nicolas Berger, jusqu’alors chef pâtissier des maisons Ducasse. Artisan passionné, l’homme a toujours baigné dans un univers sucré, que ce soit dans son histoire familiale ou au travers de son parcours professionnel. Difficile de rester indifférent lorsqu’on l’entend parler avec amour et passion du projet qu’il a mené dans ces 320m2, et où oeuvrent aujourd’hui à ses côtés des ouvriers appliqués.

Bonbons de chocolat, Chocolat Alain Ducasse, Paris 11è

Je pourrais m’arrêter là, simplement contempler l’ampleur de la tâche, vous dire que cela aboutit à fabriquer des chocolats plutôt typés (avec une acidité assez présente, comme voulu par Alain Ducasse), des produits pouvant sembler expérimentaux (à l’image des tablettes de chocolat non conchées), un praliné bien maîtrisé et dans l’ensemble un dosage en sucre plutôt raisonnable. Oui, bien sûr. Seulement voilà, même si j’avais eu le plaisir d’être invité à une visite guidée en ce mardi 19 février, je n’ai pas pu manquer de trouver que tout cela faisait… trop. Un peu comme si un grand enfant s’était payé un magnifique jouet, pour asseoir sa présence dans l’univers de la gastronomie. Prouver, en quelque sorte, qu’il pouvait être un « touche à tout » couronné de succès dans l’ensemble de ses activités.

Clin d'oeil amusant : cette machine est de marque Bühler... un constructeur suisse très présent en meunerie !

Clin d’oeil amusant : cette machine est de marque Bühler… un constructeur suisse très présent en meunerie !

Les portes et présentoirs chinés à la Banque de France en jettent, c’est incontestable, mais n’aurait-il pas été possible de faire plus simple, plus accessible ? C’est bien ce qui me gêne ici : le plaisir est comme aseptisé, renfermé dans ces beaux présentoirs en verre et fer forgé, à l’étroit dans ces tablettes de 75g vendues 6 euros l’unité… Les tarifs sont élevés, trop à mon goût, même si cela doit dans un sens « récompenser » l’engagement et les investissements qui auront été nécessaires.
Difficile également de passer outre l’aspect humain, l’absence d’histoire et d’identité marqués : Alain Ducasse a signé des chèques, cassé sa tirelire… certes. Cela lui donne-t-il pour autant le droit d’être cet entrepreneur au caractère « docteur Jekyll et mister Hyde » si marqué, d’un côté tout sourire avec les convives et pour les photos, de l’autre tout à fait antipathique lorsqu’il s’agit de réclamer des plateaux de dégustation « achetés au Japon » (la précision est d’importance, n’est-ce pas) auprès de sa collaboratrice ?

Le praliné attend bien sagement de rejoindre bonbons et autres gourmandises.

Le praliné attend bien sagement de rejoindre bonbons et autres gourmandises.

Je ne sais pas. Toujours est-il que cela ne me fait pas beaucoup rêver, en définitive. Bien sûr, on pourra avoir l’impression que je me « paie » facilement une grande tête et qu’encore une fois je verse dans la critique facile. Sauf qu’en l’espèce, ce ne sont ni les chocolats, ni le travail de Nicolas Berger que je remets en cause – car il n’y a pas lieu de le faire. Non. J’aurais juste aimé être un enfant dans une chocolaterie. Vous savez, Charlie, Willy Wonka et leurs aventures… Qui sait, peut-être que le temps me donnera tort. C’est tout ce que je souhaite.

Des tarifs qui ne manqueront pas de faire tourner les têtes - parmi les plus élevés de la capitale.

Des tarifs qui ne manqueront pas de faire tourner les têtes – parmi les plus élevés de la capitale.

Le pain est sans doute l’ingrédient que je placerais par excellence au dessus de toutes les tendances, modes et autres changements que peuvent connaître la plupart des autres produits de notre vie courante. Certes, sa qualité, son goût et ses formes ont pu varier mais c’est plus souvent pour des raisons de culture ou de contraintes extérieures. Pas toujours facile de se procurer une farine de qualité, surtout quand notre agriculture était moins « réglée » qu’elle ne peut l’être aujourd’hui. Sur le plan de la culture, le goût évolue selon les époques et nous ne sommes certainement pas habitués à la même alimentation que nos ancêtres. Pour autant, le pain demeure sur nos tables.

Malgré tout, certaines formes et spécialités peuvent avoir plus ou moins le vent en poupe. C’est actuellement le cas du bagel, qui a quitté ses contrées américaines d’origine pour déferler sur notre pays. Tout le monde s’y met, que ce soit de grands acteurs généralistes comme Mc Donald’s ou des enseignes spécialisées. A Paris, nous en connaissons déjà plusieurs : Ari’s Bagels, Bagel Tom, Bagels and Brownies, ou les strasbourgeois de Bagelstein. Ces derniers ont d’ailleurs entrepris une véritable offensive sur la capitale, en multipliant les points de vente très rapidement, ce qui peut amener à se poser quelques questions sur le caractère purement artisanal du produit. Bien sûr, le Marais et ses boulangeries yiddish en proposent également.

Certes, il s’agit de restauration rapide, mais celle-ci s’articule autour d’un pain rond, ferme mais moelleux et percé. Ce dernier est directement issu de la culture juive, ils ont suivi les immigrants juifs d’Europe de l’Est aux États-Unis et au Canada où ils sont servis garnis de fromage blanc, de saumon fumé ou d’autres ingrédients selon leur disponibilité et l’imagination du cuisinier. Chez nous, les bagels sont malheureusement souvent issus d’une production industrielle, où le respect du processus traditionnel n’est pas à l’ordre du jour, ce qui ne permet pas de pocher sur une table les produits comme ils devraient l’être.

Stanz, Paris 9è

Depuis septembre dernier, un passionné du pain rond a ouvert sa propre adresse – Stanz, « les Ateliers du Bagel » – à deux pas des Grands Boulevards. Franco-canadien, le fondateur des lieux souhaitait faire des bagels « comme là-bas », et il nous le trouve : dans la cuisine, visible derrière une vitre, sont confectionnées les multiples variétés. Encre de seiche, Pumpernickel, Pavot, Epinards… il y en a pour tous les goûts, et même en sucré, puisque des déclinaisons aux pralines roses, au chocolat et aux éclats de châtaigne ou encore aux raisins et à cannelle complètent la gamme.

Présentoirs, Stanz, Paris 9è

Bien sûr, on les consommera tout naturellement garnis, avec du poulet, de la viande fumée, du saumon… en mini ou en grand. L’intérêt pour les amateurs de pain est qu’il est aussi possible de les acheter « nature » : pour 3,5 euros les 3 pièces salées, les bagels s’avèrent d’excellente facture, à la fois fermes, denses et moelleux. En cette saison hivernale, des soupes sont proposées pour nous réchauffer un peu.
On appréciera aussi les amusantes « chips de bagels » – 1,5€ le sachet, cuites au four et non frites (sans ajout de matière grasse, donc). Leurs saveurs variées en feront des bases de choix pour des apéritifs gourmands, accompagnées de tapenades et autres tartinables divers (guacamole, …).

Les fameuses chips de bagels, très croustillantes

Les fameuses chips de bagels, très croustillantes

Les desserts s’inscrivent dans la même veine américaine : cheese-cakes, brownies et autres cookies, voilà de quoi assouvir une envie sucrée de façon bien rassasiante.
Pour rester dans le domaine de la douceur, penchons-nous du côté du service, particulièrement agréable, jeune et efficace. Ajoutons à cela que les équipiers sont présents en quantité suffisante, ce qui permet d’assurer sans difficulté un service de qualité en heure de pointe.

Cela devrait servir de décoration, mais pour moi, il s'agit plutôt d'un cimetière à bagels, au bon goût plutôt... relatif.

Cela devrait servir de décoration, mais pour moi, il s’agit plutôt d’un cimetière à bagels, au bon goût plutôt… relatif.

Infos pratiques

56 rue la Fayette – 75009 Paris (métro Le Peletier, ligne 7) / tél : 09 80 88 88 40
ouvert du lundi au vendredi de 9h à 20h30, le samedi de 10h à 19h.

Difficile de mentir sur le caractère artisanal et fait main des bagels de Stanz : leur irrégularité parle pour eux ! Ils n'en sont pas moins denses, moelleux et parfumés comme on peut le souhaiter.

Difficile de mentir sur le caractère artisanal et fait main des bagels de Stanz : leur irrégularité parle pour eux ! Ils n’en sont pas moins denses, moelleux et parfumés comme on peut le souhaiter.

Faut-il y aller ? Les amateurs de bagels ne seront pas déçus par le choix, la fraicheur et la qualité des produits. Les recettes élaborées autour de cette base de pain rond sont savoureuses, mais ce qui intéressera sans doute le plus les painrisiens que nous sommes, c’est de pouvoir acheter des bagels artisanaux, fabriqués à la main et pochés sur table, aux saveurs variées et non garnis, tout en restant dans des gammes de prix raisonnables : 3,5€ les 3 pièces salées, 1,1€ la pièce sucrée, rien d’excessif là dedans. En plus de cela, le lieu est simple, sobre et agréable, accompagné d’un service chaleureux et efficace. Voilà qui fait de Stanz un « Atelier du Bagel » bien agréable… et un concept qui sera certainement amené à se développer, voire à se franchiser. Souhaitons-leur en tout cas de la con…stanz, non, constance, dans la qualité.

Les prix sont un sujet plutôt épineux, toujours plus central dès lors qu’il s’agit de consommer au quotidien… ou de se faire plaisir. Quelle somme est-on prêt à mettre pour acheter sa baguette de pain ? Une viennoiserie ?… Cela va dépendre d’une personne à une autre, en fonction de multiples critères. Comme le dit très bien une expression anglo-saxonne, « money is what you pay, value is what you get » – littéralement « l’argent est ce que vous payez, la valeur est ce que vous obtenez ». En effet, tout est une question de valeur : celle-ci est bien variable en fonction des artisans malgré des gammes de tarifs souvent comparables. Dès lors, comment les comparer et les distinguer les uns des autres ? C’est sans doute l’une de mes missions…

Parmi les autres indicateurs, les titres obtenus aux concours professionnels, et notamment celui de Meilleur Ouvrier de France. Certes, plusieurs d’entre eux décrédibilisent la mention (qui a parlé de M. Larnicol ?!) mais cela nous offre un certain indicateur.
Si j’ai commencé par vous parler de prix, ce n’est pas par hasard : en effet, ceux pratiqués par Stéphane Glacier dans sa boutique de Colombes sont tout simplement ridiculement… bas. Ainsi, en cette période des rois, vous pourrez vous offrir une galette 4 personnes pour seulement 12 euros, une somme bien faible comparé à ce que certains artisans parisiens réclament à qualité comparable.

Pâtisseries et Gourmandises par Stéphane Glacier, Colombes (92)

Peut-être est-ce lié à la localisation de l’échoppe : un peu perdue dans la banlieue, non loin de la gare « Stade » de la ligne J du réseau Transilien, nous ne sommes pas en plein coeur de Paris et cela a un effet direct sur les loyers… mais ce n’est pas la seule explication et il y a également une affaire de volonté.
Ici, on retrouve principalement des chocolats, gâteaux de voyage et viennoiseries. Pour les pâtisseries, c’est uniquement sur commande : un gage de fraicheur et beaucoup moins de gâchis.
Impossible de ne pas craquer devant les cakes à partager (10,90€ les 500g), les « croquin malin » au chocolat ou à la framboise (7,50€ la pièce – sorte de cake recouvert d’une pâte à crumble), les financiers variés ou encore les macarons, mendiants et glaces… Même si le flan de Stéphane Glacier a sa petite réputation parmi les amateurs. Les viennoiseries ne sont pas en reste, avec un feuilletage d’excellente facture, que l’on retrouve d’ailleurs du côté des galettes dont je vous parlais un peu plus haut.

Galettes des Rois en vitrine, Pâtisseries et Gourmandises par Stéphane Glacier, Colombes (92)

Non content d’avoir ouvert sa boutique en 2008, ce professionnel a souhaité donner un nouvel élan à sa carrière d’enseignant (il a été formateur au sein d’institutions telles que l’école Lenôtre, Bellouet Conseil…) en inaugurant courant 2011 sa propre école de pâtisserie, destinée aux professionnels et aux amateurs. C’est ainsi au 20 rue Rouget de l’Isle, toujours à Colombes, que l’on peut se former aux disciplines du sucré et bénéficier du savoir-faire de Stéphane Glacier et de ses collaborateurs.

Chocolats en vitrine, Pâtisseries et Gourmandises par Stéphane Glacier, Colombes (92)

Comme toujours, une boutique ne serait rien sans son personnel de vente, et on saluera ici son dynamisme et son caractère chaleureux. L’équipe de vente, menée par l’épouse de l’artisan, Hélène Glacier, assure le service avec beaucoup de professionnalisme. La maison développe également un état d’esprit qui mérite d’être signalé, avec notamment des dégustations organisées pour des événements festifs, tels que les fêtes de fin d’année et leurs fameuses bûches. Une excellente façon de créer un rapport « affectif » avec l’entreprise, tout en partageant ses créations.

Parts de tarte et flan, Pâtisseries et Gourmandises par Stéphane Glacier, Colombes (92)

Infos pratiques

66, rue du Progrès – 92700 Colombes (gare « Stade », Transilien ligne J) / tél : 01 47 82 70 08
ouvert du mercredi au vendredi de 8h00 à 12h30 et de 14h30 à 19h00, le samedi de 8h00 à 19h00 sans interruption et le dimanche de 8h00 à 13h00.

Faut-il y aller ? Les Hauts de Seine sont décidément riches en adresses savoureuses ! Non content d’abriter la boutique de gourmandises de Nicolas Bernardé, la pâtisserie de Fabrice Capezzone et bien d’autres boulangeries de qualité, le département nous offre encore une fois une belle boutique, dont les tarifs particulièrement attractifs sont à souligner. En effet, son parcours prestigieux ne semble pas avoir fait tourner la tête de Stéphane Glacier, qui nous propose là des douceurs (cakes, viennoiseries, chocolats, confitures…) qui ne peuvent que nous faire… fondre – je ne pouvais pas passer à côté !

Il y a des personnes que l’on croise et recroise, plus ou moins par hasard. Autant parfois c’est heureux, car ce sont des rencontres que l’on apprécie, autant parfois on préfèrerait que le hasard soit moins facétieux. Cela devient intéressant quand on peut suivre de cette manière des projets humains et savoureux, souvent trop discrets par ailleurs. Au cours de mes promenades painrisiennes, j’ai l’occasion de me rendre compte à quel point la ville est petite : je finis par retrouver des têtes bien connues au hasard des rues, dans des quartiers parfois improbables.

Si je commence ce billet ainsi, c’est parce que j’avais eu l’occasion de recroiser Alexandre, l’un des deux fondateurs de Terroirs d’Avenir, un jour d’été. Cet entrepreneur de l’alimentaire ne m’était pas inconnu, puisqu’il tenait « marché » devant la boulangerie Du Pain et des Idées avant que l’aventure ne prenne fin pour des raisons légales. Quelques mots échangés et une annonce réjouissante : l’ouverture d’une boutique rue du Nil pour le mois d’août.

Terroirs d'Avenir, Paris 2è

Le temps a passé, le soleil aussi, et ce beau projet a connu du retard, comme il en serait presque coutume en matière de commerce. Notre patience n’aura pas été vaine, puisque Terroirs d’Avenir vogue au 7 rue du Nil depuis hier. Dans une boutique à l’aménagement simple mais chaleureux, on retrouve les éléments qui font le succès de l’entreprise : du beau, du bon, tout cela à des prix doux. Le secret ? Sélectionner des producteurs les plus locaux possibles, réaliser un certain volume d’affaires afin de réduire les marges tout en assurant le bon fonctionnement de l’entreprise. Un pari réussi pour Samuel Nahon et Alexandre Drouard, qui livrent aujourd’hui nombre de grandes tables parisiennes. Seulement, les deux compères avaient toujours souhaité mettre leur savoir-faire en sourcing au service du grand public. C’est aujourd’hui chose faite, et ce sera deux fois plus le cas demain – ou plutôt courant janvier – avec l’ouverture des boutiques Boucherie et Poissonnerie au 6 de la même rue, juste en face. Pour cela, ils ont dors et déjà recruté un boucher de haut vol, passé notamment par la prestigieuse maison Le Bourdonnec.

Fruits et légumes, Terroirs d'Avenir, Paris 2è

Même si l’offre n’est pas encore complète, il y a déjà de quoi se sustenter : entre les légumes d’une extrême fraicheur (choux variés, poireaux, blettes, courges… en cette saison), les fruits (pommes, poires, agrumes), les fromages – crèmes crues, beurres et fromages blancs fermiers ou même quelques volailles (coucou de Rennes, notamment) et salaisons (jambon de Porc Noir de Bigorre de chez Pierre Matayron, jambon Prince de Paris, Truite de Banka fumée…), le choix ne manque pas. On pourra même repartir avec une bonne infusion ou une bouteille pour faire passer le tout, à moins que l’on préfère le miel, les pâtes ou encore les vinaigres et les huiles. Vous l’aurez compris, les beaux produits sont à l’honneur, sans que notre porte-monnaie n’aie à en souffrir abusivement. Un état d’esprit très painrisien, en somme.

Jambons, volailles et salaisons variées

Jambons, volailles et salaisons variées

Bien sûr, quelques jours seront encore nécessaires pour que l’équipe soit rodée, et que les horaires soient tout à fait définis, mais l’essentiel est là. On ne peut souhaiter que le navire vogue paisiblement sur cette rue du Nil, déjà bien gourmande jusqu’alors avec la présence du fameux restaurant Frenchie. Dans tous les cas, j’ai trouvé de quoi accompagner mon pain avec brio ! – d’ailleurs, on pourrait presque dire que c’est un beau cadeau de Noël pour garnir nos tables de fête.

Vins, vinaigres, farines et pâtes

Vins, vinaigres, farines et pâtes

Infos pratiques

7 rue du Nil – 75002 Paris (métro Sentier, ligne 3)

A toute chose malheur est bon. Cela s’applique aussi bien aux prix élevés des loyers parisiens, qu’ils soient résidentiels ou commerciaux. En effet, ces derniers sont si importants dans certains quartiers qu’ils ne permettent pas ou plus l’implantation de certaines activités, mis à part pour des entreprises aux moyens financiers conséquents (chaines, notamment). Ainsi, ces activités s’implantent ailleurs, « décentrant » petit à petit leurs quartiers historiques. Dans le cas des pâtisseries et autres lieux gourmands, Saint-Germain-des-Prés a longtemps représenté la destination de choix pour professionnels et amateurs. Cela reste aujourd’hui une belle vitrine, mais il est difficile d’y ouvrir une première affaire.

A l’inverse, certains arrondissements offrent encore de belles possibilités. C’est dans le 10è que nous avons pu voir apparaître Helmut Newcake il y a quelques mois, non loin de la fameuse boulangerie Du Pain et des Idées. Aujourd’hui, nous nous rendons de l’autre côté du Canal Saint-Martin, puisque c’est là qu’est née samedi dernier La Fabrique à Gâteaux.

Une devanture simple, sans enseigne tonitruante

Dans cette petite boutique blanche et rose, Alice et Lisa, les deux pâtissières à l’origine de l’aventure, élaborent des « pâtisseries jolies », qu’elles aiment décrire comme étant « à base de produits frais et de saison », pour « des gâteaux aux recettes étudiées et réfléchies, pas trop sucrés, beaux et légers ».
La vitrine nous propose en effet des créations sympathiques, chacune d’entre elles étant attribuées à un prénom. Des cookies aux M&M’s « de Théo », un cheesecake « d’Eloïse », des cupcakes variés pour les amateurs, tarte au citron meringuée, ici, les gâteaux ont une âme et on le retrouve bien à la réalisation. Certes, cette dernière n’est sans doute pas encore parfaite, mais le soin porté au montage de chaque pièce est bien visible. Le goût n’est pas en reste, avec des associations bien vues et des pâtisseries qui évitent l’écueil de la lourdeur : c’est notamment le cas du cheesecake, onctueux sans être trop dense, où la base de compotée de griottes acidulée compense bien la richesse de la crème.

La boutique, sobre et agréable, avec son atelier au fond

Impossible de repartir sans un des petits financiers aux fruits rouges ou chouquettes « allongées » présentés sur la rue, même si les tartes de saison, aux pêches ou aux mirabelles, se révèlent tout aussi alléchantes. Pour ne rien gâcher, les prix sont très raisonnables, avec des pâtisseries individuelles proposées à 4 euros la pièce.

Cookies, financiers, chouquettes, tartes aux fruits… La Fabrique à Gâteaux sait attirer le passant !

Le lieu devrait proposer rapidement des cours sucrés, dans l’atelier lumineux que l’on observe au fond de la boutique. Un fait qui ne trompe pas quant à la volonté de l’équipe de partager son aventure avec sa clientèle, que ce soit au travers de l’accueil chaleureux, simple et enjoué, ou bien grâce aux réseaux sociaux (la page Facebook de l’entreprise vous permettra de faire connaissance avec l’histoire du projet).

Le cheesecake repose sur une base de sablé au spéculoos, au bon goût de beurre et d’épices, ainsi qu’une couche de compotée de griottes peu sucrée et acidulée. La dégustation est rendue plus ludique par la présence d’une petite pipette de coulis de fruit.

En bref, un lieu gourmand dans lequel on vient et on reviendra, bien loin de l’ambiance un peu trop guindée et usante des quartiers où les paillettes comptent souvent plus que le goût et l’honnêteté.

Infos pratiques

34 Rue des Vinaigriers – 75010 Paris / tél : 09 83 26 68 02
ouvert du mardi au dimanche de 10h à 20h30

A mon sens, le savoir-faire artisanal français est quelque chose de bien trop précieux pour que l’on se permette de le maltraiter, voire de l’insulter, comme certains savent le faire. En effet, certains ont bien compris qu’il y avait là de quoi faire de l’argent – beaucoup d’argent, notamment en détournant l’image que peuvent en avoir des touristes étrangers à leur avantage.

Les exemples sont malheureusement nombreux, et ils tendent à le devenir toujours plus. En boulangerie, l’un des exemples les plus frappants demeure sans doute Paul, qui s’est façonné une image de « maison de qualité » tout en développant des process industriels, en pratiquant des tarifs élevés pour un goût… discutable.
Du côté des gourmandises, même constat, quelques acteurs arrivent sur le marché avec des produits médiocres vendus sous le couvert de l' »artisanat ». Peu d’entre eux peuvent pour autant présenter une image aussi respectable que celle de Georges Larnicol. En effet, ce dernier dispose du titre de Meilleur Ouvrier de France comme argument marketing quasi-imparable.

Georges Larnicol, rue de Steinkerque, tout près du Sacré-Coeur

Le breton a naturellement débuté son aventure sur ses terres, et plus précisément à Quimper, où il a ouvert sa première boutique dans les années 80. Cela ne devait pas avoir grand chose à voir avec aujourd’hui, où l’entreprise est passée au stade quasi-industriel, avec plus de 23 boutiques – certaines franchisées, dont 3 à Paris. Pourtant, l’homme se défend toujours de respecter un processus purement artisanal et internalisé, mettant en valeur les meilleures matières premières. Dans les faits, les choses seraient bien différentes : la sous-traitance serait monnaie courante, selon des propos répétés. Qui croire ?

En l’absence de capacité à prouver la véracité des propos des uns ou des autres, intéressons-nous plutôt aux faits. Difficile de produire autant sans disposer de lignes de production à haute capacité : il faut approvisionner les boutiques, dont certaines accueillent plusieurs centaines de clients chaque jour. Chez Larnicol, on a bien compris quelles étaient les clés de la réussite du commerce… et parmi elles, l’importance de l’emplacement. Comment rater la boutique installée sur le boulevard Saint-Germain, ou passer à côté de « petit Musée du Chocolat » de la rue de Steinkerque, à deux pas du Sacré-Coeur ? A chaque fois, l’histoire se répète : les touristes affluent et pensent toucher à la fine fleur du chocolat français… col bleu-blanc-rouge, fièrement affiché en façade, oblige.

On pousse la porte pour pénétrer dans cet univers où le chocolat est en libre service… tout comme ces fameuses kouignettes, déclinées en de nombreux parfums. Parfums, parfums, il faut le dire vite, puisque ce sont avant tout le beurre et le sucre, présents en abondance, qui ressortent à la dégustation… en plus d’une invitation à faire une visite de courtoisie chez son dentiste. Je me suis toujours demandé quelles étaient les précautions prises par la maison en terme de stockage et de Date Limite de Consommation, étant donné que ces dernières sont entreposées à l’air libre. Cela ne doit pas manquer de les rendre dures, raison pour laquelle Georges Larnicol conseille de les déguster réchauffées – un vrai moment de plaisir, le côté gras et sucré étant exalté par la chaleur.

Comme toujours, c’est l’habilité que l’on a à communiquer qui prime sur la qualité propre des produits. Cela m’attriste d’autant plus que les visiteurs étrangers sont noyés par ces messages troubles, tout comme des artisans bien plus sincères situés à proximité de ses implantations (citons par exemple Un Dimanche à Paris à Odéon ou bien Christophe Roussel à Montmartre ainsi qu’à Guérande).

Bien sûr, il appartient à chacun de se faire un avis, car les adeptes de ces fameuses kouignettes, torchettes et autres Boules à Jojo ne manquent pas.

Paraît-il que l’amour dure trois ans. Pourtant, certains vieux couples perdurent encore et encore, sans qu’ils parviennent à se séparer tout à fait, bien qu’en réalité la rupture soit consommée depuis bien longtemps. Certes, les divorces se font de plus en plus fréquents ces dernières années, le mariage ayant fini par se désacraliser. J’aimerais bien que d’autres institutions connaissent une même évolution, si tant est que l’on puisse nommer ce changement ainsi.

Pourquoi est-ce que je vous parle de tout cela, d’ailleurs ? Ah, oui, sans doute parce que le couple boulangerie-pâtisserie me donne parfois l’occasion d’éprouver des regrets bien amers, car il pousse des artisans doués à s’éparpiller plutôt qu’à se concentrer sur leur spécialité.
A Courbevoie, tout près de la gare de Bécons-les-Bruyères, Fabrice Capezzone m’a encore une fois prouvé que l’on ne pouvait pas exercer plusieurs métiers en les élevant au rang d’excellence. Qui pourrait être joueur de football et pilote de F1 ? Pas moi, mais ce n’est pas le sujet.

Dans son élégante boutique d’angle mêlant des tons noirs et violets, cet artisan propose une gamme complète de produits, de la boulangerie à la pâtisserie, en passant par le désormais incontournable traiteur. Seulement, et c’est ce qui frappe sans doute le plus dès lors qu’on regarde avec un semblant d’attention, ce sont les douceurs sucrées qui tirent nettement leur épingle du jeu. En effet, ces dernières bénéficient d’une qualité de réalisation plutôt exceptionnelle pour une adresse de banlieue. Un visuel soigné, des créations inventives, des associations de textures bien maîtrisées pour des prix raisonnables (la pâtisserie individuelle se négocie en moyenne à 4,5€). On pourra citer notamment de sympathiques déclinaisons autour des religieuses (café et chocolat pour les plus traditionnelles, mais aussi caramel au beurre salé et pistache-framboise…) et des tartes. A noter également une gamme de macarons, pour les amateurs.

Malheureusement, le pain ne parvient pas à nous séduire tout autant. La baguette de Tradition se révèle fort décevante. Manque de cuisson, mie pâteuse et mâche manquant de fraicheur, on lui préférera les pains biologiques et notamment une tourte de Seigle de meilleur niveau. Les farines mises en oeuvre au fournil sont fournies par les moulins de Chérisy et de Brasseuil pour la partie biologique (sous la marque « L’Artisan Bio »). On notera tout de même le bel effort pour proposer une gamme étendue, avec certaines créations aux pistaches et aux fruits secs. Dommage que la réalisation et les façonnages peinent à suivre.

L’offre de restauration pâtit de ces défauts, puisque les sandwiches, malgré leur fraicheur, ne peuvent pas faire de miracle compte tenu de la base utilisée. Mieux vaudra se tourner vers les quiches vendues à la part, déclinées en plusieurs recettes et servies avec générosité. Quelques salades et fougasses complètent l’ensemble, dans des prix toujours raisonnables.

Une tarte aux framboises pleine de surprises : les fruits reposent en effet sur un crémeux aux fruits rouges, tandis que le cube est parfumé au coquelicot. Accompagnés d’un fond de tarte fin et croquant, l’ensemble est frais et créatif.

On terminera en revenant dans le domaine des douceurs, avec des croissants de très bonne facture, accompagnés de viennoiseries variées tout à fait honorables. La douceur se retrouve dans l’accueil, très avenant et dynamique, développant par ailleurs une agréable proximité avec la clientèle. Pas de fioritures ni de préoccupations inutiles, mais une belle sincérité, en phase avec l’honnêteté des produits.

La Baguette de Tradition manque de couleurs…

Infos pratiques

10 avenue de la Liberté – 92400 Courbevoie (Transilien ligne L, gare de Bécons-les-Bruyères) / tél : 01 43 33 02 54
ouvert du vendredi au mardi de 6h30 à 20h, 19h30 les samedis et dimanches.

Avis résumé

Pain ? Ce n’est certainement pas ce qui brille le plus ici. Malheureusement, la baguette de Tradition ne parvient pas à convaincre : elle manque en effet de cuisson et sa mie se révèle plutôt pâteuse, peu alvéolée. Un constat récurrent, qui nous fera préférer la tourte de Seigle biologique ou le pain au Sarrasin, plus savoureux, même si leur conservation n’est pas excellente. On saluera tout de même les efforts en terme de diversité de l’offre, même si moins de produits et plus d’application sur les façonnages et cuissons seraient préférables.
Accueil ? Dynamique, chaleureux et efficace, le service offre une belle proximité avec la clientèle et maîtrise bien ses produits. Malgré l’affluence au déjeuner, l’attente reste limitée grâce à un personnel nombreux et bien organisé.
Le reste ? S’il faut bien s’arrêter ici pour quelque chose, c’est sans doute pour les pâtisseries, fines, créatives et accessibles. Que ce soit pour les classiques revisités par la maison (religieuses, tartes aux fruits), les entremets créatifs ou les millefeuilles variés, difficile de ne pas fondre. Dans le prolongement, les macarons et croissants proposent d’autres opportunités gourmandes.
Côté traiteur, rien de surprenant, les sandwiches s’inscrivent dans le registre de la pâleur, ce qui incite à se tourner vers les quiches à la part ou les salades.

Faut-il y aller ? Fabrice Capezzone a choisi de se rapprocher de Paris fin 2010, quittant Rueil-Malmaison pour Courbevoie, et notre gourmandise ne pourra que saluer ce choix. En effet, on trouve dans sa boutique d’agréables pâtisseries, à des tarifs modérés. Une offre comme on aimerait en voir plus souvent, d’ailleurs. Malheureusement, le pain n’est pas au même niveau, et c’est le couple boulanger-pâtissier qui nous prouve encore une fois que les histoires d’amour sont parfois bien étranges… Ce qui n’enlève pas pour autant à cette maison son caractère avenant et chaleureux.

Il ne faut pas oublier d’où l’on vient. Avoir des ancrages, des points de repère : c’est de cette façon que l’on peut avancer, car on parvient à tracer des lignes entre ce que l’on a déjà fait et ce à quoi on aspire. L’idée serait de pouvoir faire le tour du monde, de vivre des centaines d’expériences, de s’enrichir personnellement à l’infini pour revenir au même point… géographique, tout en ayant, par l’esprit, tellement changé et progressé. Le lieu s’en trouve alors transformé.

En réalité, si Guillaume Gil et sa compagne Charlotte sont revenus ici, à deux pas de l’école dans laquelle ils ont été formés, cela tient plus… au hasard. C’est en effet en haut de la rue de l’Abbé Grégoire, à quelques pas du métro Saint-Placide mais surtout de l’Ecole Grégoire Ferrandi, qu’ils ont ouvert aujourd’hui leur pâtisserie-salon de thé.
Un lieu atypique et gourmand, qui était précédemment un salon… de massage. L’objectif de plaisir et de relaxation demeure, « seule » la manière d’y parvenir change. Quelques travaux ont été nécessaires pour ouvrir les espaces, jusqu’alors plongés dans la pénombre. Cela nous permet aujourd’hui de découvrir cette superbe verrière ainsi que la cour intérieure, qui baignent les lieux d’une belle lumière naturelle.

La salle sous verrière

Lumière, couleurs et transparence, je trouve que c’est une bonne façon de décrire Colorova Pâtisserie. Les couleurs se retrouvent bien dans le choix du mobilier, dans un style assez ethnique et original. Elles expriment le parcours des deux associés, aussi riche que varié. Ainsi, le chef est passé dans les cuisines de palaces divers, a côtoyé des artisans passionnés dont les noms reviennent souvent dans mes lignes (Jonathan Blot, Claire Damon…) avant de vouloir voler de ses propres ailes.
Si j’ai parlé de transparence, c’est pour faire référence à l’aménagement du laboratoire, complètement ouvert sur la salle et la rue. Ainsi, la clientèle pourra se rendre compte du travail réalisé par Guillaume, Damien et Ornella. Idée originale, ce sont eux-mêmes qui réaliseront le réassort des pâtisseries – une gamme de 12 créations pour le début… Nous sommes bien loin des dizaines de kilomètres parcourus par les produits de la plupart des grandes maisons parisiennes.

Le laboratoire et le présentoir de pâtisserie communiquent directement : ainsi, ce sont les artisans qui assurent le réassort.

Justement, cela change tout, en terme de goût et de qualité. Libérées des contraintes dues à un transport parfois mouvementées, les créations peuvent ainsi se faire plus légères et savoureuses. Le choix sera difficile entre les propositions gourmandes de l’endroit : tartes, pâtes à choux, créations variées, mais aussi viennoiseries et gâteaux de voyage (cakes, sablés…). Cela s’accompagnera en semaine d’une offre de restauration rapide (salades, sandwiches), qui laisse place le week-end à un brunch, proposé de 11h à 16h. Quoi de mieux pour se détendre après une dure semaine ?

Il suffit de prendre place sur l’une des tables de cette salle de 20 couverts, et de profiter de la sélection de thés Lov Organic, ainsi que Confitures de la Ferme Fruirouge à Concoeur Nuit Saint Georges, des salades de fruits, brouillades d’oeuf… dont le service est assuré par Charlotte et son équipe.

Quelques pâtisseries, la gamme n’était pas encore complète lors de mon passage

Forcément, je ne pouvais pas passer ici sans essayer cette superbe « Superposition Vanille-Café », une sorte de millefeuilles composé de très fines feuilles de chocolat noir, entrelacées de couches de crème vanille et café, tout cela reposant sur un fond sablé. La force du café est équilibrée par la douceur de la vanille, tandis que les textures croquantes, onctueuses et craquantes s’enchainent pour une expérience de dégustation exceptionnelle. Tout cela pour 5,5€, un tarif somme toute bien raisonnable au vu de la complexité de l’assemblage. Bien sûr, il faudra quelques semaines à l’équipe pour roder complètement sa gamme, mais la barre est déjà placée bien haut.

On pourrait dire qu’une étoile est née ce samedi… sous le soleil. C’est assez rare pour le signaler, en ce mois d’août bien pauvre en activité et en découvertes. Dans tous les cas, cette sympathique équipe aura à coeur de vous accueillir, et pourquoi pas dès demain à l’occasion d’un brunch gourmand ?

Infos pratiques

47 rue de l’Abbé Grégoire – 75006 Paris (métro Saint-Placide, ligne 4)
ouvert tous les jours, du lundi au vendredi de 9h à 19h (petit-déjeuner de 9h00 à 11h00, déjeuner et snacking de 12h00 à 15h00, tea time jusqu’à 18h00), le samedi de 11h à 19h – 17h le dimanche – brunch les samedis et dimanches.
Facebook : http://www.facebook.com/Colorovapatisserie

Faut-il y aller ? Bien sûr ! Voilà un salon de thé dans un style contemporain, avec une offre de gourmandises de qualité, chose qui manquait cruellement à ce quartier où l’on a plutôt tendance à trouver des boutiques de… cupcakes (on en compte deux dans la rue de l’Abbé Grégoire). De plus, cet emplacement est intéressant : espérons que cela donnera des idées aux élèves de l’école Ferrandi, située à quelques mètres… ce qui nous promettrait ainsi de belles perspectives gourmandes.

Notre sensibilité nous pousse à réaliser des choix de vie parfois singuliers, en rupture avec la façon de procéder qu’il est coutume de reproduire, pour un résultat qui ne correspond à aucune des cases établies. En matière de boulangerie, je dois dire que la tendance est plus à suivre la tendance qu’à chercher à créer quelque chose de nouveau, de fort et d’intéressant. Il n’y a qu’à voir l’importance des réseaux boulangers dans l’hexagone…

D’ailleurs, peu de gens réfléchissent sur le concept même de boulangerie-pâtisserie, j’en ai déjà parlé ici, mais l’idée de réaliser deux métiers provoque forcément une dispersion qui n’est pas en faveur de la qualité du résultat. Ajoutez à cela des sandwiches et autres produits traiteurs, vous obtenez des artisans perdus et des clients contraints à perdre du goût… Personne n’est gagnant.
Paris n’est pas une si grande ville que cela, au final. Peu d’endroits peuvent s’y vanter de proposer une offre de haute volée sur le plan du pain, de la viennoiserie ou encore de la pâtisserie. C’est le cas de des Gâteaux et du Pain, la boutique créée début 2007 par Claire Damon et David Granger. Une même exigence pour la qualité, et deux artisans aux talents complémentaires, chacun excellant dans son domaine. Plaza Athénée, Bristol … pour elle, Moulin de la Vierge pour lui, des noms qui marquent des parcours étoilés. Sans savoir tout cela, c’est le lieu qui présente son caractère singulier : aucune autre boulangerie n’a été dessinée par Yan Pennor’s. Pourtant, c’est bien le cas de la leur.

Là encore, j’avais eu l’occasion de vous en parler précédemment, mais c’est en discutant avec les artisans que l’on comprend mieux leur engagement et les actions qu’ils mènent pour parvenir à offrir des produits toujours plus savoureux. En l’occurrence, le 63 boulevard Pasteur est toujours en mouvement pour travailler et retravailler ses recettes, que ce soit du côté du pain ou des gourmandises.
En effet, même si ce n’est pas forcément le domaine le plus médiatisé ou le plus actif en apparence, le fournil de David Granger n’en fait pas moins évoluer ses méthodes de fabrication. Récemment, le diagramme de la baguette de tradition a été modifié… ainsi que son prix. 1,30€ pour 300g (l’objectif étant d’obtenir une baguette plus « charnue »), voilà le nouvelle formule pour ce pain de caractère. Des notes persistantes de céréales torréfiées, un peu de levain en fond, sans acidité, et surtout une croûte extrêmement craquante ainsi qu’une mâche d’une grande fraicheur. Pour parvenir à ce résultat, rien n’est laissé au hasard : l’artisan réalise un mélange de farines des Minoteries Viron (de type 55) et du Moulin Hoche (moulue à la pierre), accompagné de détails qui ont leur importance (mode de levée, très léger farinage à la farine de seigle pour éviter tout caractère « âpre »…).
Ici, le Moulin Hoche est un véritable partenaire, puisqu’il réalise des farines sur-mesure, telles que celle de châtaigne. Le boulanger a également pour projet de lui faire moudre du petit-épeautre, ainsi qu’une autre variété de maïs. L’objectif est avant tout de respecter le goût de ces matières premières et de ne pas les dénaturer. Ainsi, la gamme a été réduite au fil du temps afin de ne proposer que des produits aboutis et sur lesquels le processus de fermentation n’entraine pas de perte de saveur. Il serait en effet dommage de gâcher d’excellents fruits ou même fromages…


Pour les amateurs d’olives et de fougasse, la version de David Granger a récemment été revue, pour intégrer des olives vertes ainsi qu’une huile fournie par Cédric Casanova et sa boutique « La Tête dans les Olives » dans le 10è arrondissement. Le résultat ? Un parfum très fruité et enivrant…! Même travail sur la Foccacia, à présent garnie de graines de fenouil sauvage d’Italie.

Côté pâtisserie, même exigence sur le choix des matières premières. Pas moins de 5 fournisseurs approvisionnent des Gâteaux et du Pain en fruits rouges actuellement, afin de proposer le meilleur à la clientèle. Le plus bel exemple est sans doute la tarte aux fraises à la fleur d’oranger, d’une grande simplicité mais remplie de subtilité : la douceur du crémeux à la fleur d’oranger vient souligner la saveur délicate des fraises Mara des Bois, accompagnées d’un fond de tarte bien beurré et presque fondant, sur lequel la crème d’amande contribue à apporter de la douceur. Il ne faudrait pas pour autant passer à côté du fameux J’Adore la Fraise, lequel rencontre un grand succès.
Au laboratoire, pas de purées de fruit issues de producteurs obscurs, mais uniquement des transformations maison. Le cassis sera prochainement livré ici, puis traité afin d’être utilisé ensuite dans les diverses créations de Claire Damon (dont son Saint Honoré Cassis-Violette, une des pâtisseries les plus emblématiques de la maison).

Le goût est la préoccupation principale des équipes de cette boulangerie-pâtisserie singulière, et non pas le visuel comme il deviendrait coutume. L’importance des médias et de la communication n’y est pas étrangère, chacun cherchant à se mettre en avant pour exister sur ce marché assez concurrentiel. des Gâteaux et du Pain a bien du « y passer » et faire appel aux services d’une attachée de presse, sans pour autant perdre l’esprit de la maison. L’objectif est de mettre en avant le savoir-faire de la maison, mais aussi le travail du personnel, qui se sent valorisé de travailler dans une entreprise connue et reconnue.

Prochaines actualités dans cette boutique du 15è arrondissement ? La framboise d’ici quelques jours, puis viendra la pêche, la poire et naturellement les bûches de Noël, qui commencent dors et déjà à être travaillées… un travail au fil des semaines et des saisons, dans le respect de la maturité des fruits, mais surtout des clients, qui bénéficient de cette exigence. Un mot d’ordre ici : prendre le temps et garder des gammes courtes, sans se disperser. Cela fonctionne aussi bien pour le pain que pour les douceurs. A suivre également sur leur site http://www.desgateauxetdupain.com, lequel regorge à présent de photographies bien appétissantes.